29 juillet 2026 – Départ et escale

Le mercredi, nous nous réveillons à Abidjan. Nous avons la matinée pour profiter de la ville avant de rentrer à la maison. Le matin, nous explorons donc les alentours de notre hôtel, découvrons un centre commercial, flânons et faisons nos bagages. Rien de foufou. Un dernier jour de vacances ordinaire.

Puis, nous nous rendons à l’aéroport.

Évidemment, nous sommes en avance. Nous nous disons donc que nous passerons le contrôle avant de boire un jus de l’autre côté. Mais l’aéroport a un fonctionnement particulier : il y a des horaires pour y entrer. Nous patientons donc dans le hall. Ensuite, une fois l’heure venue, nous commençons notre voyage de retour. Dans quelques heures, nous serons à la maison… (mais non, nous ne le savons pas encore ! Mouhaha).

Bref, notre avion décolle : direction Bruxelles avec une brève escale à Ouagadougou pour charger des passagers (sans descendre).

Une heure plus tard, nous descendons donc en direction de la capitale burkinabé. Là, les passagers ouagalais montent. Et on attend. Les hôtesses et stewards commencent à s’agiter autour de la porte. Ils passent avec de grosses boîtes à outils… rien de rassurant. Puis au bout de 2h, ils osent enfin nous annoncer qu’il y a un problème. Le sas de sécurité ne fonctionne pas. Ils vont devoir le démonter et condamner la porte. Comme l’appareil, n’a plus assez de sorties de secours, 140 passagers devront descendre. (Très rassurant).

Les passagers montés à Ouagadougou sont les malheureux qui doivent sortir. Ca rechigne. Ca prend du temps. L’avion est allégé de 140 personnes – et – comme il y a une porte pétée et moins de passagers, l’équilibre de l’avion est bancal. Nous devons donc nous serrer en fin d’appareil. Ils mettent des rouleaux jaunes et noirs de scène de crime sur les sièges condamnés. (Toujours très rassurant).

On attend encore. Minuit approche. Finalement, le personnel nous annonce la nouvelle : ils ne finiront pas la paperasse à temps. Bruxelles dort et le personnel ne peut légalement pas travailler plus de X heures consécutives… Bref : vol annulé.

« Dépêchez vous… hop… hop… hop… on descend ! Et ne vous inquiétez pas : le personnel de l’aéroport vous expliquera touuuuut. »

(La vérité : non.)

Bref. Il est une heure du mat. Après des tergiversasions et des hauts cris, nous débarquons en masse dans le petit aéroport de Ouagadougou.

La suite au prochain épisode…

28 juillet 2026 — Abidjan

Nous nous réveillons à Abidjan et je suis ravie. J’ai tellement entendu parler de cette ville et me réjouis de la découvrir. Après le petit-déjeuner, nous partons donc à sa conquête (ce qui sera très ambitieux, comme je le découvrirai…)

Abidjan est la capitale économique et la ville la plus peuplée de Côte d’Ivoire (et non sa capitale tout court… qui est Yamoussoukro). C’est une cité effervescente : des chantiers de partout, des autoroutes à perte de vue,du trafic, des gens par centaines. Elle semble en pleine expansion et il est difficile de la comprendre au premier coup d’œil.

Traversée par la lagune d’Ébrié, elle est découpée en districts et arrondissements qui portent des noms aux diverses sonorités, reflétant sa riche histoire : Abobo, Adjamé, Attécoubé, Cocody, Koumassi, Le Plateau, Marcory, Port-Bouët, Treichville et Yopougon.

Comme je n’ai pas vraiment planifié la visite – étant partie relativement à la fresh – nous pataugeons un peu avant de décider quoi faire. Puis, nous optons pour le quartier du Plateau, le centre des affaires d’Abidjan et zone qu’on peut découvrir à pied.

Nous sortons donc de l’hôtel pour prendre un taxi. Nous nous postons au bord de la route, comme deux connaisseurs et repérons une voiture rouge (la couleur des taxis dans ce coin de pays). Un véhicule s’arrête. Le monsieur est très sympathique et nous grimpons dans le véhicule. Au bout de quelques instants, nous découvrons en pleine course que ce monsieur n’est pas du tout taxi. Il nous a simplement vus là, et puisqu’il passait par le Plateau, il s’est dit qu’on agrémenterait simplement son trajet de quelques sousous.

Heureusement, il est très gentil et prévenant, il nous sert même de guide touristique en nous expliquant diverses choses sur le trajet.

Le nez collé aux fenêtres de sa voiture, nous observons donc cette ville immense et tentaculaire, encrassée par les embouteillages et particulièrement chargée en cette fin juillet, puisque la ville se prépare à célébrer sa fête nationale. Des travailleurs suspendent des décorations et drapeaux le long des routes, sur les ponts et sur les lampadaires. De part et d’autres des trottoirs, d’immenses chantiers comportent de grandes bâches sur lesquelles des textes chinois sont écrits, nous prouvant véritablement que la Chine se déploie sur le continent africain.

Après une bonne demi-heure de route et de nombreux bouchons, notre chauffeur improvisé nous dépose en face de la cathédrale Saint-Paul. C’est un édifice qui a une quarantaine d’années, à l’architecture particulière : un grand triangle de pierre comprenant des gradins descendant vers l’autel. « Le haut du clocher forme une gigantesque croix de 70 mètres de hauteur, et ses murs latéraux se prolongent en défenses d’éléphant qui enlacent les clochers », me souffle Internet. L’église me fait penser à celle de Beyrouth en forme de cèdre. C’est assez moderne et je ne dirais pas que c’est beau mais ça a le mérite d’être original.

À l’intérieur, d’immenses vitraux illuminent l’espace, formant des mosaïques colorées sur le sol. Ils retracent l’histoire catholique en Côte d’Ivoire et le plus joli d’entre eux — avec animaux et végétation luxuriante — ressemble à une ode coloniale, ce qui me laisse perplexe.

Après notre visite, nous partons à l’assaut du Plateau, le quartier des affaires de la ville.

C’est un quartier en hauteur qui descend vers la lagune et où se trouve la majeure partie des activités administratives et commerciales de la ville, ainsi que le stade Félix Houphouët-Boigny. Il est composé d’immeubles, de boutiques, d’un parc, d’hôtels, de bâtiments administratifs aux noms très français… et d’arbres immenses peuplés de… milliers de chauves-souris, ce qui me surprend ! (Je regarde de loin et passe rapidement sous les branches, leurs cris me rappelant l’épisode traumatique l’aventure palpitante vécue à Wuyishan trois ans auparavant…)

Nous flânons dans le quartier, observons les bâtiments, visitons une librairie (pour ma collection de livres de cuisine), buvons un verre sur une terrasse… C’est très agréable et les gens sont très sympathiques et nous font la conversation sans pression, de manière très décontractée. Nous nous sentons très à l’aise, malgré le fait que ce soit la première fois qu’on soit seuls dans ce beau pays.

Soudain, au détour d’une rue, un bâtiment incroyable me saute aux yeux : la Pyramide, un immeuble immense au style brutaliste qui se dresse vers le ciel. Très célèbre, cet édifice est l’un des premiers de grande hauteur construite au Plateau, à l’époque du « Miracle ivoirien », une période faste qui a eu lieu entre 1960 et 1970 (et qui porte vraiment ce nom). Tout autour, de splendides fresques y sont peintes. Nous nous arrêtons fascinés. La tour semble en travaux, mais on y jette quand même un œil. Pendant que Nicolas prend quelques photos, je sympathise avec un monsieur qui me raconte quelques anecdotes. Puis avec une dame et sa fille.

Puis, nous continuons notre balade jusqu’à Treichville et Markory et faisons du lèche-vitrine, avant de rentrer nous reposer à notre hôtel.

Abidjan est une ville dense, pleine de petits quartiers aux identités diverses. Il n’est pas possible de les rejoindre à pied… et il faut donc maîtriser un minimum sa géographie pour s’y repérer.

Si je devais y revenir, je ferais donc appel à un guide afin de pouvoir véritablement visiter les divers quartiers et points d’intérêts, sans trop se perdre. Et j’y viendrais davantage de temps : passer d’un coin à l’autre de la ville prend du temps et il n’est pas possible d’enchaîner les choses à voir aussi simplement que dans une localité pourvue d’un métro.

Le soir venu, nous savourons un délicieux repas dans la torpeur agréable ivoirienne. J’aime ce climat et j’en profite à fond, puisqu’il me rappelle un peu celui de Hong Kong.

27 juillet – L’air de l’océan Atlantique

L’air empli de sel de Grand Bassam m’emplit immédiatement les poumons alors que je me dirige, encore ensommeillée, vers l’espace chaises longues de l’hôtel. Face à moi, le roulis des vagues et l’océan déchaîné… Après avoir bu quelque chose, j’enlève mes chaussures et traverse la plage, prête à laisser les flots me lécher les orteils. C’est à ce moment que je le sens : ce courant si fort qu’il tente de m’aspirer vers le large. Je comprends alors les recommandations qui découragent les touristes à se baigner et les multiples accidents qui surviennent régulièrement.

Le conte de Mami Wata, cette divinité aquatique, me revient en tête. On raconte en effet que Mami Wata, une femme d’une grande beauté aux cheveux noirs qu’elle coiffe avec un peigne d’or, à la peau noire et aux grands yeux brillants, enlevait baigneurs et pêcheurs pour les emmener dans son royaume sous-marin. Si parfois elle leur permettait de rentrer chez eux, ceux-ci revenaient avec un esprit différent : plus intelligents, plus séduisants, plus faciles à vivre.

C’est une légende qui voyage et évidemment, selon les cultures, le public ou les époques, celle-ci a évolué… mais je pense à elle, au bord du rivage, en me disant que Mami Wata pourrait m’aspirer au fond des flots, si elle le souhaitait.

Lorsque les autres se réveillent et nous rejoignent, Nicolas et moi sommes toujours allongés sur les chaises longues, hypnotisés par la plage et les marchands qui vont et viennent, proposant paires de lunettes, sacs ou statues. Nous déjeunons sur la terrasse : des omelettes, du pain, des croissants, des fruits. C’est gargantuesque. Nous faisons goûter à A. de la confiture, met qu’il n’a jamais goûté, le petit déjeuner ivoirien étant plutôt constitué de porridge chaud appelée koko, faite de mil ou de maïs et sucrée avec du lait condensé.

Après le repas, nous jouons à des jeux avec les enfants. Puis, nous nous rendons au village artisanal de Grand Bassam, situé dans la ville nouvelle. Des petites maisonnettes en bois sont alignées le long de la route proposant des meubles faits mains incroyablement beaux, des pagnes, des bijoux…

Les gens sont très gentils et les vendeurs nous laissent faire du shopping sans nous bondir dessus, comme parfois dans les zones touristiques. C’est très agréable. Je m’achète une robe. Malheureusement, la valise est trop petite pour ramener ces tables en bois massif taillées en un seul bloc.

Nous faisons quelques emplettes (je découvre avec décadence le Bounty à tartiner!), buvons des noix de coco entières et revenons à l’hôtel.

L’après-midi s’étire avec torpeur et nous savourons notre après-midi de farniente total. Puis, vers dix-huit heures, nous laissons Myriam et les enfants continuer leurs petites vacances. Il est temps pour nous de poursuivre notre périple seuls à Abidjan.

26 juillet 2026 — Direction Grand-Bassam

Nous nous réveillons une dernière fois sous notre jolie palmeraie à Adzopé. Puis, nous faisons nos valises : cet après-midi, nous irons découvrir l’océan avec notre amie Myriam et les enfants.

Avant de partir, nous animons un dernier atelier : l’atelier correspondance croisée reliant les enfants suisses et ivoiriens. C’est extrêmement sympa et cela me permet de revoir mes petits participants une dernière fois avant de partir.

Une fois l’atelier terminé, nous mangeons un dernier sublime repas fait maison (nous avons décidément été traités comme des coqs en pâte)… et il est temps de dire au revoir à tous les habitants de la cour familiale. Nous serrons des mains le coeur lourd mais avec une certitude : ce n’est qu’un au revoir. Puis, la voiture arrive et nous entamons les 150 kilomètres à parcourir qui séparent Adzopé de Grand-Bassam, notre prochaine escale. Je suis ravie de découvrir les paysages de jour : tout est splendide. Les palmeraies et les forêts s’égrènent à perte de vue. Le long du trottoir, des vendeurs ambulants proposent des objets divers aux automobilistes : des chips de banane (un délice !), des mouchoirs, ou même des écureuils ou des varans à griller.

Au bout d’un moment, la circulation se fait plus dense avant de se figer totalement. Un camion s’est renversé et provoque un embouteillage monstrueux. Notre chauffeur et l’oncle des enfants prend une route alternative qui nous permet de traverser les villes de Boudépé, de Grand Morié, de Grand et Petit Yapo. Au passage, il nous sert d’excellent guide touristique, ce qui est très agréable. Le sol est toujours de cet ocre splendide qui me fascine (à la surprise d’A., qui se demande bien ce que je peux trouver à de la terre…).

Puis, après trois heures de route, nous arrivons à Abidjan que nous traversons, les yeux rivés sur l’extérieur. Une demi-heure plus tard, nous voilà à Grand-Bassam.

La ville, située sur le littoral, porte en elle une riche histoire. Première capitale coloniale, portuaire, économique et juridique de la Côte d’Ivoire de 1893 à 1899, elle se trouve à une quarantaine de kilomètres d’Abidjan et est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Faisant face à l’océan Atlantique, elle est divisée en deux parties par la lagune Ouladine. Il y a l’Ancien Bassam, vieille ville de la colonie française, où l’on peut apercevoir quelques maisons coloniales ayant subsistés aux assauts du temps — et de nombreux hôtels de bord de mer. Et il y a le Nouveau Bassam, sur la terre ferme, qui est désormais le centre-ville où l’animation se passe.

Notre hôtel se trouve en bord de mer, à Ancien Bassam donc. Malgré la couverture nuageuse, le lieu est splendide et peuplé de chats trop mignons. L’océan se jette en rouleaux sur la plage. Le sable est rouge et l’air iodé nous fouette le visage.

Le soir venu, nous décidons de célébrer l’anniversaire de J., l’aînée des enfants qui n’est pas avec nous, mais ce n’est pas grave. Il faut profiter de toute occasion pour faire la fête. Le restaurant dans lequel nous allons est splendide. Les ados font des selfies dans le jardin tandis que nous savourons la fraîcheur marine. Tout est beau : l’ambiance tamisée, le décor…

Nous mangeons des calamars frais. Puis, au milieu du repas, un homme s’agenouille pour demander en mariage sa compagne, tel un acteur de film hollywoodien. Nous applaudissons les tourtereaux.

Une fois repus, nous rentrons à l’hôtel et profitons de la douceur de la terrasse et du bruit de la mer qui nous berce.

25 juillet 2026 – Jour de finale

C’est le dernier jour du camp. Le programme est intense. Il nous faudra enchaîner :

  • La finale de relais ;
  • Le match de troisième place ;
  • La finale de football féminine ;
  • La finale de danse ;
  • L’exposition des dessins ;
  • La finale de football des petits ;
  • Le match de gala ;
  • Le spectacle d’impro ;
  • La finale de football des grands ;
  • Et la remise des prix.

Mon estomac danse la samba, encore traumatisé par la soupe aux piments. Mais vaille que vaille, on y va !

Les activités s’enchaînent, de manière tourbillonnante et intense.

Course au sac sous le soleil, sketchs rondement menés par les filles malgré les conditions difficiles, actions incroyables sur le terrain, claquettes qui volent et scènes de joie lorsque la balle entre dans le goal.

Nous prenons du retard et la chaleur est torride. J’admire les enfants qui donnent tout ce qu’ils ont malgré les 35 degrés et l’humidité qui nous écrase.

Mais ils sont heureux, l’ambiance est au rendez-vous et de nombreux invités sont venus assister aux festivités.

Quand la fin de la journée arrive, je n’ai rien vu passer. Tout s’est déroulé à merveille et nos participants, ravis, dansent sur le terrain alors que la remise des prix a lieu. J’ai du mal à croire que c’est déjà fini.

La nuit tombe d’un coup… et avec elle, le clap de fin sur nos activités de l’été!

Désormais Yélé se concentrera sur les bourses, l’accompagnement de ses petits pupilles, les ateliers d’écriture et la recherche de fonds… en attendant l’année prochaine ! C’était fou et c’était bien.

Le dimanche, nous animerons notre atelier d’écriture puis… les vacances pourront commencer pour l’équipe!