Depuis 2020, je m’investis aux côtés d’une association qui transforme le quotidien des enfants d’Adzopé, en Côte d’Ivoire. Dans ce cadre-là, avec notre équipe sur place, nous organisons des camps de vacances, diverses activités extrascolaires et mettons à disposition des bourses scolaires pour celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Cette association, qui s’appelle Yélé d’Adzopé, a été fondée par deux de mes amis les plus chers : Tidiane et Myriam. Originaires de Côte d’Ivoire et plus spécifiquement d’Adzopé et vivant en Suisse, ils ont lancé Yélé d’Adzopé avec peu de moyens et m’ont proposé de les rejoindre pour les aider. Six ans plus tard, ce sont plus de trois cents enfants qui participent à nos camps chaque été et plusieurs jeunes qui poursuivent leurs études grâce au parrainage.
Cet été, ils nous embarquent donc avec eux dans leur famille et leur ville d’origine. L’occasion unique pour moi de voir concrètement l’impact de notre travail et de rencontrer celles et ceux qui, depuis le début, rendent cette aventure possible !

Samedi 18 juillet, nous arrivons donc en fin d’après-midi sur la terre ocre et verdoyante de Côte d’Ivoire et rejoignons nos amis qui sont venus nous chercher à l’aéroport. L’air est saturé d’odeurs agréables. Il fait humide et chaud. Mon corps se détend, se rappelant ce que j’aimais dans la météo de Hong Kong. Nous chargeons nos valises, prêts à se mettre en route.
Adzopé est une ville qui se trouve à 100 kilomètres d’Abidjan. Si le trajet peut se faire en deux heures, en ce samedi soir, les routes sont surchargées. Nous traversons des marchés, des banlieues, des quartiers animés. Des gens slaloment entre les voitures vendant toutes sortes d’objets : des fruits, des mouchoirs, des oreillers, des chips de bananes plantain, etc. Un jeune homme fait des pompes au milieu du périphérique. Nicolas et moi observons cette foule bigarrée avec attention.
Puis, la ville s’éloigne et nous pénétrons dans la végétation. La Côte d’Ivoire est en effet recouverte d’environ 3 millions d’hectares de forêts. C’est donc extrêmement vert. Mais la nuit tombe, comme un rideau, et peu à peu, nous ne voyons plus rien. On devine juste les arbres qui s’étendent à perte de vue.
Quand nous arrivons devant la cour familiale, il est déjà 22 heures. J’avais appris à dire « Bonjour » en dioula, prête à faire ma maligne… mais en ouvrant la portière, une émotion soudaine s’empare de moi. Une foule d’enfants est là pour nous accueillir, chantant « Bienvenue ! ». Tout se bloque dans ma gorge. Je ne trouve plus mes mots. Je traverse la multitude de petites mains qui m’attrapent et, enfin, je vois les visages connus des membres de notre association. Les sourires que j’ai observés des millions de fois prennent vie. Nous saluons tout le monde dans un tourbillon de bonne humeur, puis je rencontre les mamans, les tantes, les cousins, les filles et les fils, tous ceux dont j’entends parler et avec qui j’échange depuis si longtemps. Les cœurs palpitent.
Il est 23 h, une heure du matin chez nous. On nous emmène alors manger du poulet braisé incroyablement bon sur fond de match France-Angleterre dans un petit maquis, un restaurant à ciel ouvert où sont alignées des tables en pastique, aux côtés de quatre étals qui font flamber du poisson et de la viande sur de grands grills. L’odeur est entêtante et délicieuse. Je regarde mon amie Myriam. La retrouver là, sous les étoiles ivoiriennes, c’est irréel et magique.

Puis, nous rejoignons notre lit. Nous sommes épuisés, mais ravis.
Vivement demain!