Le dimanche, nous nous réveillons sous le bruit des oiseaux. De la musique résonne au-dehors. Nous jetons un œil à la fenêtre. Les gens, vêtus d’habits colorés, se rendent à l’église. Nous entendons le sermon du prêtre retentir dans toute la rue entre deux salves chantantes lancées à plein régime.
Puis, après le petit-déjeuner, nous rejoignons nos amis. Le camp commencera demain et toute l’équipe s’active pour que tout soit prêt : préparation du terrain, installation de la sono, aménagement du matériel… rien n’est laissé au hasard.
Nous en profitons également pour rencontrer le directeur de l’école, M.Silué, qui nous met ses locaux à disposition avec générosité. Des photos sont prises sous le drapeau qui flotte.
Quelques enfants curieux viennent déjà voir ce qu’il se passe. Ils sont impatients.
Adzopé est une grande ville abritant environ 150 000 habitants, dont la moitié ont moins de 18 ans, selon les statistiques. C’est le chef-lieu de la région de La Mé, réputée pour son commerce du bois. Pourtant, même si la localité est étendue, peu d’infrastructures sont dédiées à la jeunesse. À Adzopé, il n’existe en effet ni piscine, ni bibliothèque, ni cinéma, ni salle de sport, ni terrain de jeux, ni espace extérieur ou intérieur qui permettent aux enfants de se dépenser, de s’amuser, de lire, de bricoler ou encore de pratiquer un quelconque loisir. Les vacances sont longues et le camp est donc devenu quelque chose que les enfants du quartier attendent avec impatience.
Une fois le terrain prêt, nous faisons le tour de la ville d’Adzopé. C’est grand, étalé. Mais les bâtisses d’un étage nous donnent l’impression que c’est plus petit. On traverse des quartiers colorés et vivants ainsi que des zones rurales. Le vert de la végétation contraste avec la teinte de la terre : cet ocre incroyable qui me fascine. Des margouillats — d’espèces de gros lézards bruns et orange, de tailles diverses — se baladent partout… Ils sont si drôles avec leurs doigts étranges et leur démarche sautillante.
La ville résonne de musique. Tout le temps. Partout. Et d’odeurs de nourriture. Sur les bords des routes sont alignés des dizaines de petits commerces : coiffeurs, tailleurs, épiciers, menuisiers… c’est joli et varié.

Pour le repas de midi, nous dégustons du placali, une sorte de purée de manioc élastique, accompagnée de sauce gombo. C’est incroyablement parfumé. On se régale.
Le soir venu, nous organisons la traditionnelle soirée cinéma Yélé. Chaque année, en effet, les enfants se retrouvent dans la cour extérieure familiale, où un projecteur propulse un film sur le mur. Finale du Mondial oblige, ce sera soirée Espagne-Argentine. Les petits sont surexcités, alignés sur des nattes. Les adolescents sont adossés au muret. Tous hurlent dans une ambiance festive. Les femmes de la maison ont préparé des popcorns tous chauds. Nous mangeons du pain brochette : de la viande grillée dans une baguette ivoirienne, qui est légère et aérienne. Puis, vers 23 heures, tout le monde part se coucher.
Demain, le camp commencera !

