Nous nous réveillons à Abidjan et je suis ravie. J’ai tellement entendu parler de cette ville et me réjouis de la découvrir. Après le petit-déjeuner, nous partons donc à sa conquête (ce qui sera très ambitieux, comme je le découvrirai…)
Abidjan est la capitale économique et la ville la plus peuplée de Côte d’Ivoire (et non sa capitale tout court… qui est Yamoussoukro). C’est une cité effervescente : des chantiers de partout, des autoroutes à perte de vue,du trafic, des gens par centaines. Elle semble en pleine expansion et il est difficile de la comprendre au premier coup d’œil.
Traversée par la lagune d’Ébrié, elle est découpée en districts et arrondissements qui portent des noms aux diverses sonorités, reflétant sa riche histoire : Abobo, Adjamé, Attécoubé, Cocody, Koumassi, Le Plateau, Marcory, Port-Bouët, Treichville et Yopougon.
Comme je n’ai pas vraiment planifié la visite – étant partie relativement à la fresh – nous pataugeons un peu avant de décider quoi faire. Puis, nous optons pour le quartier du Plateau, le centre des affaires d’Abidjan et zone qu’on peut découvrir à pied.
Nous sortons donc de l’hôtel pour prendre un taxi. Nous nous postons au bord de la route, comme deux connaisseurs et repérons une voiture rouge (la couleur des taxis dans ce coin de pays). Un véhicule s’arrête. Le monsieur est très sympathique et nous grimpons dans le véhicule. Au bout de quelques instants, nous découvrons en pleine course que ce monsieur n’est pas du tout taxi. Il nous a simplement vus là, et puisqu’il passait par le Plateau, il s’est dit qu’on agrémenterait simplement son trajet de quelques sousous.

Heureusement, il est très gentil et prévenant, il nous sert même de guide touristique en nous expliquant diverses choses sur le trajet.
Le nez collé aux fenêtres de sa voiture, nous observons donc cette ville immense et tentaculaire, encrassée par les embouteillages et particulièrement chargée en cette fin juillet, puisque la ville se prépare à célébrer sa fête nationale. Des travailleurs suspendent des décorations et drapeaux le long des routes, sur les ponts et sur les lampadaires. De part et d’autres des trottoirs, d’immenses chantiers comportent de grandes bâches sur lesquelles des textes chinois sont écrits, nous prouvant véritablement que la Chine se déploie sur le continent africain.
Après une bonne demi-heure de route et de nombreux bouchons, notre chauffeur improvisé nous dépose en face de la cathédrale Saint-Paul. C’est un édifice qui a une quarantaine d’années, à l’architecture particulière : un grand triangle de pierre comprenant des gradins descendant vers l’autel. « Le haut du clocher forme une gigantesque croix de 70 mètres de hauteur, et ses murs latéraux se prolongent en défenses d’éléphant qui enlacent les clochers », me souffle Internet. L’église me fait penser à celle de Beyrouth en forme de cèdre. C’est assez moderne et je ne dirais pas que c’est beau mais ça a le mérite d’être original.
À l’intérieur, d’immenses vitraux illuminent l’espace, formant des mosaïques colorées sur le sol. Ils retracent l’histoire catholique en Côte d’Ivoire et le plus joli d’entre eux — avec animaux et végétation luxuriante — ressemble à une ode coloniale, ce qui me laisse perplexe.

Après notre visite, nous partons à l’assaut du Plateau, le quartier des affaires de la ville.
C’est un quartier en hauteur qui descend vers la lagune et où se trouve la majeure partie des activités administratives et commerciales de la ville, ainsi que le stade Félix Houphouët-Boigny. Il est composé d’immeubles, de boutiques, d’un parc, d’hôtels, de bâtiments administratifs aux noms très français… et d’arbres immenses peuplés de… milliers de chauves-souris, ce qui me surprend ! (Je regarde de loin et passe rapidement sous les branches, leurs cris me rappelant l’épisode traumatique l’aventure palpitante vécue à Wuyishan trois ans auparavant…)
Nous flânons dans le quartier, observons les bâtiments, visitons une librairie (pour ma collection de livres de cuisine), buvons un verre sur une terrasse… C’est très agréable et les gens sont très sympathiques et nous font la conversation sans pression, de manière très décontractée. Nous nous sentons très à l’aise, malgré le fait que ce soit la première fois qu’on soit seuls dans ce beau pays.
Soudain, au détour d’une rue, un bâtiment incroyable me saute aux yeux : la Pyramide, un immeuble immense au style brutaliste qui se dresse vers le ciel. Très célèbre, cet édifice est l’un des premiers de grande hauteur construite au Plateau, à l’époque du « Miracle ivoirien », une période faste qui a eu lieu entre 1960 et 1970 (et qui porte vraiment ce nom). Tout autour, de splendides fresques y sont peintes. Nous nous arrêtons fascinés. La tour semble en travaux, mais on y jette quand même un œil. Pendant que Nicolas prend quelques photos, je sympathise avec un monsieur qui me raconte quelques anecdotes. Puis avec une dame et sa fille.





Puis, nous continuons notre balade jusqu’à Treichville et Markory et faisons du lèche-vitrine, avant de rentrer nous reposer à notre hôtel.
Abidjan est une ville dense, pleine de petits quartiers aux identités diverses. Il n’est pas possible de les rejoindre à pied… et il faut donc maîtriser un minimum sa géographie pour s’y repérer.
Si je devais y revenir, je ferais donc appel à un guide afin de pouvoir véritablement visiter les divers quartiers et points d’intérêts, sans trop se perdre. Et j’y viendrais davantage de temps : passer d’un coin à l’autre de la ville prend du temps et il n’est pas possible d’enchaîner les choses à voir aussi simplement que dans une localité pourvue d’un métro.
Le soir venu, nous savourons un délicieux repas dans la torpeur agréable ivoirienne. J’aime ce climat et j’en profite à fond, puisqu’il me rappelle un peu celui de Hong Kong.
