L’air empli de sel de Grand Bassam m’emplit immédiatement les poumons alors que je me dirige, encore ensommeillée, vers l’espace chaises longues de l’hôtel. Face à moi, le roulis des vagues et l’océan déchaîné… Après avoir bu quelque chose, j’enlève mes chaussures et traverse la plage, prête à laisser les flots me lécher les orteils. C’est à ce moment que je le sens : ce courant si fort qu’il tente de m’aspirer vers le large. Je comprends alors les recommandations qui découragent les touristes à se baigner et les multiples accidents qui surviennent régulièrement.

Le conte de Mami Wata, cette divinité aquatique, me revient en tête. On raconte en effet que Mami Wata, une femme d’une grande beauté aux cheveux noirs qu’elle coiffe avec un peigne d’or, à la peau noire et aux grands yeux brillants, enlevait baigneurs et pêcheurs pour les emmener dans son royaume sous-marin. Si parfois elle leur permettait de rentrer chez eux, ceux-ci revenaient avec un esprit différent : plus intelligents, plus séduisants, plus faciles à vivre.
C’est une légende qui voyage et évidemment, selon les cultures, le public ou les époques, celle-ci a évolué… mais je pense à elle, au bord du rivage, en me disant que Mami Wata pourrait m’aspirer au fond des flots, si elle le souhaitait.
Lorsque les autres se réveillent et nous rejoignent, Nicolas et moi sommes toujours allongés sur les chaises longues, hypnotisés par la plage et les marchands qui vont et viennent, proposant paires de lunettes, sacs ou statues. Nous déjeunons sur la terrasse : des omelettes, du pain, des croissants, des fruits. C’est gargantuesque. Nous faisons goûter à A. de la confiture, met qu’il n’a jamais goûté, le petit déjeuner ivoirien étant plutôt constitué de porridge chaud appelée koko, faite de mil ou de maïs et sucrée avec du lait condensé.
Après le repas, nous jouons à des jeux avec les enfants. Puis, nous nous rendons au village artisanal de Grand Bassam, situé dans la ville nouvelle. Des petites maisonnettes en bois sont alignées le long de la route proposant des meubles faits mains incroyablement beaux, des pagnes, des bijoux…
Les gens sont très gentils et les vendeurs nous laissent faire du shopping sans nous bondir dessus, comme parfois dans les zones touristiques. C’est très agréable. Je m’achète une robe. Malheureusement, la valise est trop petite pour ramener ces tables en bois massif taillées en un seul bloc.

Nous faisons quelques emplettes (je découvre avec décadence le Bounty à tartiner!), buvons des noix de coco entières et revenons à l’hôtel.
L’après-midi s’étire avec torpeur et nous savourons notre après-midi de farniente total. Puis, vers dix-huit heures, nous laissons Myriam et les enfants continuer leurs petites vacances. Il est temps pour nous de poursuivre notre périple seuls à Abidjan.