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A propos Karine

Fraîchement expatriée à Hong-Kong, c'est avec une curiosité grandissante que je parcours ma nouvelle ville. Toujours prête à dénicher les endroits secrets, les bons plans, les anecdotes croustillantes, j'anime mon blog personnel où je raconte mon quotidien, mes découvertes, mes surprises et mes aventures à Hong-Kong : https://hotfonduepot.com/! Pour me suivre en image, ça se passe sur Instagram, sur @hot.fondue.pot!

19 juillet 2026 — Les préparatifs

Le dimanche, nous nous réveillons sous le bruit des oiseaux. De la musique résonne au-dehors. Nous jetons un œil à la fenêtre. Les gens, vêtus d’habits colorés, se rendent à l’église. Nous entendons le sermon du prêtre retentir dans toute la rue entre deux salves chantantes lancées à plein régime.

Puis, après le petit-déjeuner, nous rejoignons nos amis. Le camp commencera demain et toute l’équipe s’active pour que tout soit prêt : préparation du terrain, installation de la sono, aménagement du matériel… rien n’est laissé au hasard.

Nous en profitons également pour rencontrer le directeur de l’école, M.Silué, qui nous met ses locaux à disposition avec générosité. Des photos sont prises sous le drapeau qui flotte.

Quelques enfants curieux viennent déjà voir ce qu’il se passe. Ils sont impatients.

Adzopé est une grande ville abritant environ 150 000 habitants, dont la moitié ont moins de 18 ans, selon les statistiques. C’est le chef-lieu de la région de La Mé, réputée pour son commerce du bois. Pourtant, même si la localité est étendue, peu d’infrastructures sont dédiées à la jeunesse. À Adzopé, il n’existe en effet ni piscine, ni bibliothèque, ni cinéma, ni salle de sport, ni terrain de jeux, ni espace extérieur ou intérieur qui permettent aux enfants de se dépenser, de s’amuser, de lire, de bricoler ou encore de pratiquer un quelconque loisir. Les vacances sont longues et le camp est donc devenu quelque chose que les enfants du quartier attendent avec impatience.

Une fois le terrain prêt, nous faisons le tour de la ville d’Adzopé. C’est grand, étalé. Mais les bâtisses d’un étage nous donnent l’impression que c’est plus petit. On traverse des quartiers colorés et vivants ainsi que des zones rurales. Le vert de la végétation contraste avec la teinte de la terre : cet ocre incroyable qui me fascine. Des margouillats — d’espèces de gros lézards bruns et orange, de tailles diverses — se baladent partout… Ils sont si drôles avec leurs doigts étranges et leur démarche sautillante.

La ville résonne de musique. Tout le temps. Partout. Et d’odeurs de nourriture. Sur les bords des routes sont alignés des dizaines de petits commerces : coiffeurs, tailleurs, épiciers, menuisiers… c’est joli et varié.

Pour le repas de midi, nous dégustons du placali, une sorte de purée de manioc élastique, accompagnée de sauce gombo. C’est incroyablement parfumé. On se régale.

Le soir venu, nous organisons la traditionnelle soirée cinéma Yélé. Chaque année, en effet, les enfants se retrouvent dans la cour extérieure familiale, où un projecteur propulse un film sur le mur. Finale du Mondial oblige, ce sera soirée Espagne-Argentine. Les petits sont surexcités, alignés sur des nattes. Les adolescents sont adossés au muret. Tous hurlent dans une ambiance festive. Les femmes de la maison ont préparé des popcorns tous chauds. Nous mangeons du pain brochette : de la viande grillée dans une baguette ivoirienne, qui est légère et aérienne. Puis, vers 23 heures, tout le monde part se coucher.

Demain, le camp commencera !

18 juillet 2026 — Côte d’Ivoire, nous voilà

Depuis 2020, je m’investis aux côtés d’une association qui transforme le quotidien des enfants d’Adzopé, en Côte d’Ivoire. Dans ce cadre-là, avec notre équipe sur place, nous organisons des camps de vacances, diverses activités extrascolaires et mettons à disposition des bourses scolaires pour celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Cette association, qui s’appelle Yélé d’Adzopé, a été fondée par deux de mes amis les plus chers : Tidiane et Myriam. Originaires de Côte d’Ivoire et plus spécifiquement d’Adzopé et vivant en Suisse, ils ont lancé Yélé d’Adzopé avec peu de moyens et m’ont proposé de les rejoindre pour les aider. Six ans plus tard, ce sont plus de trois cents enfants qui participent à nos camps chaque été et plusieurs jeunes qui poursuivent leurs études grâce au parrainage.

Cet été, ils nous embarquent donc avec eux dans leur famille et leur ville d’origine. L’occasion unique pour moi de voir concrètement l’impact de notre travail et de rencontrer celles et ceux qui, depuis le début, rendent cette aventure possible !

Samedi 18 juillet, nous arrivons donc en fin d’après-midi sur la terre ocre et verdoyante de Côte d’Ivoire et rejoignons nos amis qui sont venus nous chercher à l’aéroport. L’air est saturé d’odeurs agréables. Il fait humide et chaud. Mon corps se détend, se rappelant ce que j’aimais dans la météo de Hong Kong. Nous chargeons nos valises, prêts à se mettre en route.

Adzopé est une ville qui se trouve à 100 kilomètres d’Abidjan. Si le trajet peut se faire en deux heures, en ce samedi soir, les routes sont surchargées. Nous traversons des marchés, des banlieues, des quartiers animés. Des gens slaloment entre les voitures vendant toutes sortes d’objets : des fruits, des mouchoirs, des oreillers, des chips de bananes plantain, etc. Un jeune homme fait des pompes au milieu du périphérique. Nicolas et moi observons cette foule bigarrée avec attention.

Puis, la ville s’éloigne et nous pénétrons dans la végétation. La Côte d’Ivoire est en effet recouverte d’environ 3 millions d’hectares de forêts. C’est donc extrêmement vert. Mais la nuit tombe, comme un rideau, et peu à peu, nous ne voyons plus rien. On devine juste les arbres qui s’étendent à perte de vue.

Quand nous arrivons devant la cour familiale, il est déjà 22 heures. J’avais appris à dire « Bonjour » en dioula, prête à faire ma maligne… mais en ouvrant la portière, une émotion soudaine s’empare de moi. Une foule d’enfants est là pour nous accueillir, chantant « Bienvenue ! ». Tout se bloque dans ma gorge. Je ne trouve plus mes mots. Je traverse la multitude de petites mains qui m’attrapent et, enfin, je vois les visages connus des membres de notre association. Les sourires que j’ai observés des millions de fois prennent vie. Nous saluons tout le monde dans un tourbillon de bonne humeur, puis je rencontre les mamans, les tantes, les cousins, les filles et les fils, tous ceux dont j’entends parler et avec qui j’échange depuis si longtemps. Les cœurs palpitent.

Il est 23 h, une heure du matin chez nous. On nous emmène alors manger du poulet braisé incroyablement bon sur fond de match France-Angleterre dans un petit maquis, un restaurant à ciel ouvert où sont alignées des tables en pastique, aux côtés de quatre étals qui font flamber du poisson et de la viande sur de grands grills. L’odeur est entêtante et délicieuse. Je regarde mon amie Myriam. La retrouver là, sous les étoiles ivoiriennes, c’est irréel et magique.

Puis, nous rejoignons notre lit. Nous sommes épuisés, mais ravis.

Vivement demain!

Schaffouse – dernier jour

La météo n’est pas vraiment plus clémente en ce dernier jour à Schaffouse. A peine 16 degrés pour commencer la journée. Moi qui avait pris mon maillot et mon short…

Bref, pour contrer la grisaille et après le bircher obligatoire (et pour moi un petit pain du premier août), nous partons à l’assaut de la forteresse du Munot qui surplombe la ville.

Nous grimpons les volées de marche qui nous y mènent, distribuons des Gruëzi joyeux aux passants et atteignons son sommet. La vue est très jolie ! Mais soudain, le calme se rompt. Un groupe de touristes coréens nous rejoint dans une cacophonie essoufflée. 

Nous leur faisons de la place près des murailles et redescendons.

Nous partons alors vers le monastère Allerheiligen. Si le musée dedié aux saints ne nous tente guère, j’ai envie de me balader dans son jardin Botanique. C’est très mignon et nous admirons les diverses plantes qui y poussent. 

Nous flânons ensuite dans la vieille ville et visitons le marché. Il est alors l’heure de repartir.

Nous avons passé un super petit séjour dans cette ville pittoresque!

Tout était facile, les gens super gentils et j’ai pu pratiquer mon allemand clairement rouillé (j’ai même dit quelques bêtises 😉).

Un séjour que je vous recommande chaudement!

Stein am Rhein & Schaffouse

Ce matin, il pleut.

Nous commençons la journée en bonne et due forme suisse-allemande, c’est à dire en mangeant un bircher muesli dans un Konditorei.

Il fait super froid. Nicolas n’ayant pas de pull, nous improvisons une virée shopping.

Puis, nous profitons d’une légère accalmie pour nous rendre dans la bourgade de Stein-am-Rhein, située à 20 minutes de train de Schaffouse.

Petite ville médiévale, elle se situe à l’endroit où l’Untersee débouche dans le Rhin. De plus, elle est complètement entourée par l’Allemagne, ce qui en fait l’une des villes les plus au nord de la Suisse.

Rejoindre le centre-ville depuis la gare est très simple. En dix petites minutes, nous voilà dans la rue principale de Stein-am-Rhein. Tout est super mignon : chaque maison est décorée avec soin, des colombages ornent les façades… tout est fleuri !

Nous visitons la petite ville, buvons un café en observant les hordes de touristes aller et venir, entrons dans le musée Lindwurm, une maison bourgeoise du 19e siècle conservée en parfait état historique. On visite les chambres encore meublées et en apprenons beaucoup sur la vie d’autrefois. Je fais l’andouille en costume d’époque et on rigole bien.

Nous mangeons alors sur le pouce. Au menu : une currywurst, évidemment!

Nous nous rendons ensuite sur une petite île posée sur le Rhin où se trouve un monastère et des chats. Un rayon de soleil vient nous rendre visite avant une énième averse.

Malgré la pluie, je me prends un coup de soleil sur le nez. Merci mon capital solaire.

De retour à Schaffouse, une averse s’abat sur nous. Nous faisons une pause le temps que ça passe.

En fin d’après-midi, nous longeons le Rhin mais dans l’autre sens. Le soleil est revenu et il fait agréablement doux.

Le long du fleuve d’étranges poubelles à cartons de pizzas sont posées tous les deux mètres…

Quelques heures plus tard, en revenant du restaurant où nous nous sommes arrêtés, nous sommes surpris: elles sont pleines! Manger une pizza à l’emporter le long de l’eau semble être un sport national!

A la découverte de Schaffouse

Pendant l’été, nous restons local. Il faut dire que nous avons enchaîné les visites avec des amis de Hong Kong qui se sont arrêtés chez nous.

Nous profitons donc des quelques jours de vacances qui nous restent pour re-découvrir notre beau pays. Et pour l’occasion, nous mettons le cap sur Schaffouse!

Pour mes lecteurs et lectrices non-suisses, Schaffouse est le chef-lieu du canton du même nom et se situe au bord du Rhin, à quelques kilomètres à peine de l’Allemagne. C’est une ville médiévale plutôt petite mais tout à fait charmante!

Depuis Neuchâtel, s’y rendre est très simple. Nous sautons dans un train direction Zurich. Puis, nous prenons ensuite un deuxième train plutôt marrant. C’est un train allemand. Nous passons par l’Allemagne avant de revenir momentanément en Suisse pour s’y faire déposer. Le dépaysement est garanti.

Lorsque nous arrivons à Schaffouse, il fait beau. Ce n’est pas la tendance des jours qui suivent. Les bagages déposés à l’hôtel, nous décidons donc de descendre illico presto aux chutes du Rhin. Cela sera de toute manière plus sympathique que sous la pluie.

Depuis le centre ville, il faut environ 45 minutes à pied pour s’y rendre. La balade est sympa. On longe le Rhin. Des nageurs se laissent porter par le courant (et vont super vite). Des cormorants sèchent au soleil sur les rochers. Les jardins se suivent et ne se ressemblent pas.

Puis, nous arrivons aux chutes. Malgré le fait que l’on soit en juillet, il n’y a quasiment personne. Nous admirons le paysage et prenons un bateau pour s’approcher des chutes – activité touristique indispensable. Nous nous retrouvons au coeur d’un groupe de touristes indiens. Je ne sais pas ce qui m’amuse le plus : regarder les chutes ou les regarder regarder les chutes. Ils hurlent. Se prennent en photo. Sautent dans tous les sens.

Après s’être fait allègrement aspergés, nous remontons au centre ville. Il est temps de trouver un petit « Winstub » pour le repas du soir…