19 novembre – Phasmes et camouflage

Hier, en me rendant à la résidence de France pour la remise des Trophées des Français de Hong Kong, je m’arrête tétanisée. A côté de la porte, un immense phasme, aussi grand que mon avant bras… Ceux qui me connaissent savent que cet insecte a le même effet sur moi qu’une belle grosse araignée sur la plupart des gens. Je ne les aime pas.

Bref, je m’approche quand même et observe le fourbe animal… On dirait vraiment une branche d’arbre.

Je ne m’explique pas vraiment mon aversion pour ces insectes. Ils sont inoffensifs et herbivores et sont la proie des oiseaux, des rongeurs, des mantes religieuses, des fourmis ou des araignées. Il n’y a donc rien à craindre. Mais voilà, je crois bien que c’est irrationnel.

Les phasmes peuvent prendre plusieurs formes : brindilles, feuilles, branches, lichens… et ils portent le nom évocateur d’insect sticks, en anglais – ce qui leur va bien.

Bref, à Hong Kong, il y a en apparemment toutes sortes. Je ne continuerai pas mes recherches outre mesure puisque j’ai déjà failli défaillir quatre fois en écrivant cet article et que tout mon corps me gratte.

Voilà simplement une photo de la bête…

18 novembre – Téléphone!

Il existe une expression en cantonais que l’on utilise lorsque l’on appelle quelqu’un pendant des heures au téléphone:

煲電話粥 : Bou dihn wa djuk !

Littéralement, cela veut dire : faire bouillir son téléphone dans le congee.

Le congee, c’est du riz qu’on cuit pendant très très longtemps et qui est à mi chemin entre la soupe et le risotto. Cela se mange avec des oignons frais, ou de l’oeuf centenaire. Personnellement, j’adore !

17 novembre – Anita Mui

Hier soir, mon amie hongkongaise Stéphanie m’a emmené voir le film Anita, sur la vie de la chanteuse et actrice Anita Mui, la Madonna hongkongaise ! Et ce film m’a permis une expérience très spéciale : celui de pleurer à l’unisson avec un public hongkongais très ému.

Le film retraçait la vie de l’artiste Anita Mui. Plongée dès son plus jeune âge dans le monde de la musique, c’est à 18 ans qu’elle devient célèbre en gagnant un concours télévisé. Elle devient alors une grande star et se produit sur scène avec des costumes incroyables ! En parallèle, elle tourne plusieurs films et gagne plusieurs prix… Nous suivons donc sa vie, jusqu’à sa mort précoce… et retraversons en parallèle les grands événements de l’histoire de Hong Kong comme la rétrocession en 1997 ou le SARS en 2003.

Le film était très touchant et même sans connaître la chanteuse au préalable je me suis laissée emporter.

A la fin, toute la salle pleurait à chaudes larmes, à grands coups de reniflements et de sanglots sonores. Moi aussi, du coup, j’ai suivi le mouvement et j’ai pleuré cette chanteuse que je n’ai pas connue !

16 novembre – Les vendeurs d’algues

A Prince Edward, dans la fameuse ruelle où se vendent poissons de toutes sortes destinés aux aquariophiles, se cache un magasin entièrement dédié aux algues. Vertes, rouges, noires, brunes ou même bleues… petites, longues, touffues, moussues… tout se trouve et permettra aux amateurs de décorer leurs aquariums !

Dans la boutique, les clients se pressent et prennent leur temps. Ils hésitent, réfléchissent. Les passionnés sont délicats et leurs aquariums sont souvent de vraies oeuvres d’art. Ils ne choisissent donc rien au hasard…

De mon coté, je suis plus pragmatique. Je sais ce que mes petits poissons adorent… et je choisis vite, jouant un peu des coudes devant les étagères où flottent ces herbes marines !

15 novembre – Les mains de Hong Kong

A Hong Kong, il n’y a pas de crèches et personne ne met ses aînés à l’EMS – cela ne se fait pas. Celles qui s’occupent donc des enfants et des personnes âgées, nettoient, cuisinent, ce sont les helpers. Ce sont les mains de Hong Kong qui permettent à la ville de tourner.

Souvent Philippines ou Indonésiennes, majoritairement des femmes, elles vivent chez leurs employeurs (loi oblige) et ont donc des horaires assez variables en fonction de ceux-ci. Mais le dimanche, elles ont congé… et la ville se remplit alors d’un joyeux brouhaha.

N’ayant pas de lieux à elles, elles se retrouvent partout dans Hong Kong. Assises où elles le peuvent, sur des cartons, dans des abris de fortune, elles chantent, dansent, partagent un repas et passent du temps ensemble. C’est vraiment surprenant au début, quand on ne s’y attend pas… et je me demande toujours comment passent-elles leurs dimanches lors de grosses pluies.

Le sujet des helpers est délicat. Que l’on soit à Hong Kong, à Beyrouth, au Sénégal ou ailleurs, il y a malheureusement souvent des abus… et c’est un vrai problème, souvent soulevé par les ONG locales.

Pour en savoir plus, je vous recommande de regarder le sublime film hongkongais Still Human de Oliver Chan.