11 novembre – Décalage

– Ok, on se parle à 15h.

– Ok. Attends… 15h… mais c’est quelle heure chez toi ?

– Là en ce moment, c’est 6h30.

– Ha mais tu es matinale !

– Oui ! D’ailleurs, je file me préparer. A toute !

– Attends… quand tu dis 15h, tu parle de 15h Suisse ou de 15h Hong Kong?

– 15h Suisse !

– Parfait. 15h Suisse. 22h Hong Kong !

– Mais c’est pas 21h ?

– Non, on est passés à l’heure d’hiver. C’est +7 maintenant.

Les petits calculs de la communication à distance !

05 novembre – Le garagiste de ma rue

Hier, j’ai parlé de la couturière qui travaille dans ma rue. Aujourd’hui, je vais donc vous parler d’un autre monsieur qui fait partie de mon quotidien : le garagiste !

Pour rentrer chez moi, je passe chaque jour devant le garagiste. Son échoppe est surprenante. Elle est minuscule, remplie de matériel du sol au plafond. Au fond, une échelle mène à un étage supérieur (et je suis intriguée par ce qui s’y trouve).

Lorsqu’une voiture arrive pour se faire réparer, il n’y a pas la place pour qu’elle entre dans le local comme dans les garages classiques. Elle reste donc sur la place devant le magasin et il la répare sur la rue.

Quand il n’a pas de client, il sort une petite chaise sur le trottoir et regarde les passants, mange quelque chose, papote avec ses amis qui lui rendent visite. Et, à chaque fois que je passe, il me salue et me sourit.

Je n’ai pas de voiture à faire réparer mais je l’aime beaucoup, ce voisin de quartier !

04 novembre – Chez la couturière

La couture de ma veste et celle de mon pantalon ont rendu l’âme. Je descends donc dans l’antre de la couturière qui officie au bas de ma rue. Quand on entre dans son magasin, elle ne sourit pas et reste muette. Rapide, elle analyse les pièces à réparer. Elle les palpe, écrit le prix sur un papier, le tout sans un mot. Je n’ai plus qu’à attendre.

Pendant qu’elle coud, j’observe son atelier dans lequel se répand une pop chinoise mielleuse. Des plantes sont posées sur des étagères, dans de vieilles bouteilles en plastique. Ses machines à coudre semblent dater de l’avant-guerre. Au sol, se trouvent des tonnes de tissus, de vêtements, de boîtes de thé.

Pour 60HKD (environ 7 CHF), elle recoud ma veste et mon pantalon. Quand je pars, elle ne m’adresse ni salutations ni sourire malgré mes pénibles efforts de converser. Je me demande même si elle parle le cantonais.

Mais peu importe car elle est d’une efficacité redoutable !

26 octobre – Refroidissement

Après des semaines de chaleur intense, les températures se rafraîchissent enfin. Il fait environ 20 degrés, le matin. L’humidité retrouve des taux acceptables : 71% aujourd’hui.

Doudounes, pulls, écharpes et bottines sont donc de sortie! La climatisation peut enfin s’arrêter… On cesse de coller au trottoir et à nos masques, et – comble du bonheur – on peut enfin réouvrir les fenêtres des appartements pour aérer.

De mon côté, je crois que je me suis définitivement intégrée. Je ne ris plus, comme la première année, en regardant les gens se couvrir. Moi aussi j’ai sorti la petite veste et l’écharpe…

19 octobre – Ma plante suisse

L’année dernière, pour mon anniversaire, mon amie Angela m’a offert une jolie plante verte aux feuilles trouées, portant le surnom de Swiss cheese plant.

C’est une plante qui n’a de Suisse que le nom puisqu’elle vient originellement du Mexique… et elle est plutôt spectaculaire ! Dans la nature, elle atteint jusqu’à 20 m de long, versus 2 ou 3 m en appartement. Elle apprécie l’humidité hongkongaise et la nôtre mesure aujourd’hui plus d’1m70! Je dois donc la placer sur les meubles hauts pour que ses feuilles puissent s’étirer.

Concernant son nom, il faudrait peut-être leur dire aux gens… que la Suisse a des centaines de variétés de fromages… et qu’à part l’Emmental, aucun n’est troué, même pas le Gruyère !