10 décembre – File et patience

Alors que je suis à la caisse d’un magasin, la vendeuse se rend compte que le produit que je souhaite acheter n’a pas d’étiquettes. Calmement, elle appelle une collègue et le cas semble compliqué. Ca parlemente, le tout en cantonais. Je ne comprends pas tout.

Derrière moi, la file s’allonge, s’allonge et s’allonge encore. Je me tends et rentre la tête dans les épaules. En plein mois de décembre, c’est sûr, je vais me faire engueuler ou les gens vont du moins s’impatienter…

La vendeuse va et vient. La résolution des étiquettes manquantes semble prendre des allures d’enquêtes d’Hercule Poirot.

J’ose enfin tourner la tête vers la gauche, observant discrètement ceux qui, à cause de moi, attendent. Une femme me sourit hyper gentiment puis m’explique ce que les vendeurs sont en train de dire. Les autres gens dans la file sont super détendus et attendent patiemment en plaisantant. C’est alors que cela me revient. Les Hongkongais ne sont pas comme les Européens. Ils savent attendre longuement, sans s’énerver!

03 décembre – Panique au bord de la route…

Le jeudi soir, je dois me rendre à la répétition de ma pièce de théâtre de Noël. Mais, alors que je m’apprête à sortir de la maison, c’est le drame.

La porte d’une rame de métro est tombée sur la voie, paralysant complètement la ligne se situant sur l’île.

Pas de problème, me dis-je, très zen. Je vais prendre un bus ou un taxi. Sauf qu’au même moment, tous les Hongkongais sortant du métro ont la même idée. Les bus sont pleins comme des oeufs, tous les taxis sont occupés…

Chargée de mes 4 sacs de costumes, je me dirige à pied vers le quartier où je dois répéter. Je me tourne régulièrement quand des véhicules arrivent mais rien n’y fait… au final, marcher est la seule solution… et après 40 minutes d’efforts j’arrive enfin à bon port.

Si je suis personnellement contrariée, mon podomètre, lui, est super content !

25 novembre – Jour de courses

Le mercredi soir, c’est la soirée des courses de chevaux.

Il est 21h30. En me faufilant dans une ruelle entre Tai Hang et Causeway Bay, je passe devant un garage encore illuminé. Des voitures éventrées trônent dans l’arrière salle, aux côtés de jerricans, de chiffons recouverts de crasse et de pneus empilés.

Devant la boutique, le garagiste a installé des tables de fortune et il est là, assis, entouré par sa famille et ses amis. Face à eux, sur une table en métal à roulette, une grande télévision a été tirée à même le trottoir.

En mangeant des nouilles, ils hurlent, s’invectivent, frappent leurs genoux avec leurs paumes. Est-ce Red Brick Glory, Royal Baby ou Wild West Wing qui est en-tête ? Sur l’écran, des colonnes illisibles s’affichent. Qui deviendra millionnaire ce soir ?

Le mercredi soir, c’est le soir des courses. Au stade comme ailleurs.

15 novembre – Les mains de Hong Kong

A Hong Kong, il n’y a pas de crèches et personne ne met ses aînés à l’EMS – cela ne se fait pas. Celles qui s’occupent donc des enfants et des personnes âgées, nettoient, cuisinent, ce sont les helpers. Ce sont les mains de Hong Kong qui permettent à la ville de tourner.

Souvent Philippines ou Indonésiennes, majoritairement des femmes, elles vivent chez leurs employeurs (loi oblige) et ont donc des horaires assez variables en fonction de ceux-ci. Mais le dimanche, elles ont congé… et la ville se remplit alors d’un joyeux brouhaha.

N’ayant pas de lieux à elles, elles se retrouvent partout dans Hong Kong. Assises où elles le peuvent, sur des cartons, dans des abris de fortune, elles chantent, dansent, partagent un repas et passent du temps ensemble. C’est vraiment surprenant au début, quand on ne s’y attend pas… et je me demande toujours comment passent-elles leurs dimanches lors de grosses pluies.

Le sujet des helpers est délicat. Que l’on soit à Hong Kong, à Beyrouth, au Sénégal ou ailleurs, il y a malheureusement souvent des abus… et c’est un vrai problème, souvent soulevé par les ONG locales.

Pour en savoir plus, je vous recommande de regarder le sublime film hongkongais Still Human de Oliver Chan.

13 novembre – se sentir chanceuse

Hier, c’était mon anniversaire… et – comme une prophétie, ma journée a été aussi folle que géniale.

Habituellement, le vendredi, je commence la journée avec mon cours de cantonais. Je suis donc montée à Jordan, où mon prof m’a appris à chanter Joe le taxi en cantonais. Il a été très déçu en apprenant le sens des paroles en français, la version hongkongaise étant 100 fois plus romantique.

Après mon cours, alors que je faisais une livraison pour le travail, j’ai rencontré une Hongkongaise qui avait rencontré Roger Federer. Photo à l’appui, j’ai donc pu papoter de notre star nationale. J’ai alors pris le Star Ferry, sur lequel j’ai sympathisé avec deux bonnes sœurs.

Je suis ensuite allée rejoindre mon très bon ami Yan, qui m’a invité à aller manger dans une ancienne caserne militaire… ambiance Suzie Wong à l’italienne.

Et le soir, après avoir bossé un peu (il fallait bien garder quelques notes terre à terre dans cette drôle de journée), nous sommes allés manger au 31e étage d’un building où nous avons pu admirer la déclaration d’un certain Anson à sa petite copine. Sur un immense panneau lumineux, il lui disait : be my goddess!

Je ne parle même pas de tous les messages, les attentions, les appels qui ont ensoleillé ma journée ! Merci à tous ! Vous êtes fantastiques et je vous adore !

Si mon année à venir est l’image de cette journée, je ne peux que me réjouir!