07 mars – Back

Me revoilà après quelques jours off où j’ai été occupée à corriger un manuscrit du matin au soir… m’empêchant de vous écrire des petits billets réguliers.

Dans l’intervalle, rien de neuf. Alors que le monde plongeait dans la stupéfaction suite à l’Ukraine, Hong Kong s’est figée dans une crise covidienne hors du commun : des milliers de cas, avec des pics à 58’000 par jour, la moitié des magasins de la ville fermés et de nombreux amis qui s’en sont allés, rejoignant des cieux moins restrictifs…

Dimanche matin, nous apprenions que la Poste ne pouvait plus fonctionner correctement. Les supermarchés sont vides. De nombreux restaurants sont fermés. Les hôpitaux sont surchargés et les morgues sont pleines. La ville fait face à un tsunami pandémique.

On attend toujours de savoir à quelle sauce nous serons mangés pour ce mass testing… mais ce mois de mars ne se présente pas sous ses meilleurs augures.

Au moins, il fait beau. Affaire à suivre…

24 février – Pollen

J’ai toujours été très allergique au pollen.

Si pour certains, printemps rime avec fleurs, retour des beaux jours et moments où batifoler dans les herbes, pour moi c’était une période d’yeux rouges, de crises d’asthme et de reniflements. L’arrivée du soleil après l’hiver a donc toujours eu une petite saveur aigre douce.

En arrivant à Hong Kong, j’espérais être débarrassée de ce problème puisque ni bouleaux, ni colzas et ni graminées ne semblaient peupler les forêts de ce petit territoire.

C’était évidemment une grossière erreur. Je suis une allergique par essence et j’ai donc la chance de réagir également aux banyans, aux orchidées et aux autres plantes exotiques de la région.

La seule différence, c’est que la saison la plus difficile reste l’hiver. En effet, à Hong Kong, les arbres pollinisent à tout moment puisque les températures ne sont jamais suffisamment froides pour les mettre au repos. Mais en hiver, l’air est « sec » (ou plus sec qu’en été…) et les petits grains dorés circulent donc mieux dans l’air, envahissant mes narines et m’empêchant de respirer. De plus, c’est la saison des fleurs… et toute la ville (même à 12 degrés) se pare de superbes couleurs.

C’est donc l’arrivée des beaux jours qui m’apporte un peu de tranquillité ! Et j’avoue trouver ça très plaisant.

18 février – Se faire des amis – notre premier grand copain

Avant hier lorsque j’avouais au monde ma panne sèche, quelqu’un me demandait s’il était facile de se faire des amis à Hong Kong. Je vais donc parler de ma propre expérience en sachant que cela doit forcément être un peu différent pour chacun. Et je commencerai par le récit de nos six premiers mois ici… car nous faire des amis s’est définitivement fait par étapes.

En arrivant à Hong Kong en septembre 2018, nous ne connaissions personne. Il fallait donc tout construire de A à Z. J’ai donc profité de la magie des temps modernes: les réseaux sociaux et je me suis inscrite sur pleins de groupes.

Dans les premiers temps, j’ai donc été boire des cafés avec pleins d’inconnus solitaires comme moi (moi qui n’ai jamais dragué sur Tinder, cela m’a donné un petit aperçu de la chose 😂).

J’ai rencontré des gens adorables, d’autres à qui je n’avais rien à dire, d’autres très sympas mais sans plus ou d’autres géniaux mais qui n’ont pas dû avoir le même sentiment réciproque… et petit à petit, on s’est fait un réseau. On a fini ivres morts dans un bar de Wanchai avec des Écossais, on a dansé avec des Américains, on a passé une soirée à devoir justifier nos blagues à une Anglaise, on a mangé avec des Milanais et on a été à une soirée associative de Français… mais sans nous faire de vrais amis. Et – à mon grand désespoir – sans réussir à se faire des amis hongkongais !

Puis, un soir, alors qu’on allait boire un verre dans un groupe de nouveaux arrivants, nous avons rencontré Ian. La soirée était ennuyeuse à mourir. Au milieu de la soirée, Ian s’est donc tourné vers nous et nous a proposé d’aller manger du durian à Sham Shui Po! C’était le début d’une grande amitié (et d’une expérience culinaire assez spéciale)! Et Ian, un canadien-hongkongais, devint notre premier ami!!!

La suite lundi

15 février – Odeurs

J’ai grandi dans une maison au beau milieu d’un petit village de montagne. Nous n’avions pas de voisins que nous pouvions entendre… ou dont nous pouvions sentir les odeurs de cuisine.

Mais je me souviens étant petite, avoir découvert avec merveille la cuisine de mes amis qui étaient Yougoslaves et chez qui j’allais manger (oui, à l’époque, la Yougoslavie existait encore… ça vous donne une idée de mon âge). Ou encore, lorsque j’allais chez les copines qui vivaient en appartements, je humais avec curiosité les fumets qui s’échappaient des appartements voisins alors que midi approchait : la cuisine portugaise, italienne, espagnole ou roumaine ! Tous ces effluves jusqu’alors inconnues et synonymes de voyages.

Aujourd’hui, dans mon immeuble, nos voisins sont majoritairement hongkongais ou chinois. Et je me dis que chaque soir, c’est eux qui doivent voyager en se demandant ce que nous cuisinons ! (Même si on a sacrément dû les traumatiser avec notre raclette du Chinese new year !).