20 octobre – Le mois des anniversaires

Pour une raison qui m’échappe, tous nos amis à Hong Kong sont nés entre fin octobre et fin novembre… nous inclus… A croire qu’un horoscope magique aurait envoyé tous les scorpions de la terre à Hong Kong !

Et tout ce petit monde aime célébrer son anniversaire. De ce fait, à partir de début octobre, nous commençons à recevoir des dizaines de SMS en tous genre pour bloquer tous nos week-ends, du vendredi soir au dimanche.

Jonques, repas au resto, soirées karaoké, barbecue, verres chez les uns et chez les autres ou autres sorties… l’habituelle résolution de réduire les excès avant Noël tombe donc à l’eau avant même d’avoir été prise.

Rajoutez dans l’intervalle Halloween… et la Octoberfest – qui est populaire ici, oui oui – et vous comprendrez que des qualités en gestion de projet ainsi qu’un agenda dédié sont nécessaires pour gérer notre vie sociale !

18 octobre – Nesat

Le typhon qui s’est approché de Hong Kong cette nuit s’appelle Nesat.

Et du coup, je me suis demandée : pourquoi donc Nesat ? Et qui est le chanceux dont le métier est de choisir des noms pour les typhons ?

Eh bien la coutume de nommer les typhons est ancienne. Elle date de plus de deux siècles et a été mise en place pour différencier ces catastrophes naturelles. (C’est assez efficace car personnellement je n’oublierai jamais Mangkhut ou Lothard).

Au début, les météorologues leur donnaient des « prénoms de femmes, des noms de politiciens qu’il n’aimaient pas, des noms historiques et de la mythologie ». Puis, c’est l’armée américaine qui s’y est mise et là, les météorologues utilisaient alors les prénoms de leurs compagnes…. sympa hein ?

« En 1953, la liste répétitive fut remplacée par une autre liste utilisant exclusivement des prénoms féminins et en 1954, la liste précédente fut reprise mais il fut décidé de changer de liste chaque année. » (Source : wikipedia).

Et puis, dès les années 80, un peu d’égalité s’est invitée dans l’équation et les typhons sont nommés alternativement avec des prénoms hommes et femmes.

Le système se base sur 6 listes qui fonctionnent pendant 6 ans avant de recommencer. En résumé, les années paires débutent par un prénom masculin et impaires un prénom féminin. Les six listes prévoient 21 prénoms courants. Et comme nous sommes en Asie, c’est l’agence météorologique japonaise qui choisit donc les prénoms, ce qui explique les choix moins habituels pour nos oreilles occidentales comme Nesat.

17 octobre – Mammouth

Si vous levez le nez sur les vitrines d’antiquités à Mid-Levels ou à Tsim Sha Tsui, vous verrez que les magasins ne font pas les choses à moitié.

Ici, pas de vieux fauteuils en rotin, de gramophones ou des coucous récupérés chez des personnes âgées… non. Les antiquaires de Hong Kong font partie d’une autre catégorie puisque leurs vitrines regorgent notamment de sculptures… en os de mammouths. Ni plus ni moins.

C’est assez impressionnant et j’aime m’arrêter observer les oeuvres finement taillées en me disant que les artistes étaient quand même relativement « couillus » – pardonnez moi l’expression.

Ici, un seul coup de couteau mal placé et ce sont des milliers d’années d’histoire qui partent en poussière.

Quant aux prix… il va falloir en vendre, des livres, pour pouvoir prétendre en ramener un chez moi et le poser sur ma bibliothèque.

13 octobre – Le quartier le plus cool

Ce matin, d’après un magazine hautement scientifique, j’apprends que le quartier où je vis est nommé 22e plus cool quartier au monde, sur 51.

Quels sont les critères scientifiques de cette étude… pourquoi 51 et pas 50 ou 100 ? Aucune idée. Mais selon l’article, voici simplement la méthode utilisée : « We polled 20,000 city-dwellers and grilled local experts to rank the greatest places for fun, food, culture and community… » et le résultat est là ! On vit dans un endroit cool, yeah.

Il faut pourtant bien l’admettre, je ne connais rien aux autres quartiers cités : Colonia Americana à Guadalajara, au Mexique,  Cais do Sodré à Lisbonne, Wat Bo Village à Siem Reap au Cambodge (qui sont dans le top 3…), suivis par Cours Julien, à Marseilles au 10e rang, Little India à Singapour au 19e rang ou Ubud à Bali au 49e… (Ils ne citent ni les Avants, ni Blonay… c’est bien surprenant 😅!)

Pour voir la liste, c’est ici : https://www.timeout.com/travel/coolest-neighbourhoods-in-the-world.

Dans les raisons de ce choix, ils expliquent notamment que Wanchai est vibrante – ce qui n’est pas faux – propose de nombreux petits cafés et restaurants… je suis toujours d’accord… mais également de nombreux « art hubs » (là, franchement, je veux bien les adresses…). Ils citent la promenade le long de la mer, le festival des lanternes… et recommandent de visiter la Blue House (ça, c’est vrai…). Puis ils recommandent de visiter les magasins artisanaux à la Lee Tung Avenue (là, à nouveau, je me pose quelques questions… les boutiques de la Lee Tung n’ont rien d’artisanales ni de follement originales…).

Alors qu’on ne se leurre pas. J’adore mon quartier. Il est bigarré et central. Entre son marché hyper traditionnel et sa rue kitsch, ses petits restos, sa proximité avec la nature et son mariage de boutiques locales et de magasins plus internationaux, c’est un endroit où il fait bon vivre.

Cependant, le côté arty et artisanal vanté par l’article ne me convainc pas vraiment.

Mais bon, si cela fait venir le tourisme, tant mieux !

10 octobre – Île déserte

Avec deux copines, nous partons explorer une île déserte. L’excursion est mythique et nous prend du temps… nous nous rendons jusqu’à Cheung Chau, puis là je négocie avec le propriétaire d’un sampang pour qu’il nous y dépose et vienne nous rechercher à la fin de la journée ! Le batelier ne parlant pas un mot d’anglais, je sors mon meilleur cantonais… et je gesticule en parallèle avec les mains. Pour valider le tout, je lui montre ce que je veux et j’écris en chinois sur mon téléphone avant de lui planter l’écran devant le nez. Il rit, dodeline de la tête mais je crois que c’est bon. Nous nous sommes compris. Il nous dépose donc sur l’île et viendra nous rechercher à 15h30.

Nous nous baladons, découvrons un ancien camp de réfugiés datant de la guerre du Vietnam, sillonnons les sentiers… entrons dans un temple, apercevons la mue d’un serpent (ce qui ne nous laisse pas vraiment tranquilles…) et finissons sur la plage la plus calme de Hong Kong, où de petits crabes courent de manière rigolote et adorable.

A trois heures trente, nous sommes prêts et attendons le bateau mais rien ne vient. Je ne m’inquiète pas. Mais à trois heures quarante cinq, je me dis que je vais quand même appeler le monsieur. Nous sommes un peu trop loin des côtes pour revenir à la nage… et même si j’ai tous les conseils de Mike Horn – ainsi qu’un couteau suisse – pour survivre sur une île déserte… je ne tiens pas particulièrement à passer la nuit ici. Je pense toujours au serpent… et je ne souhaite pas faire sa connaissance !

J’écris des messages au monsieur mais il ne réagit pas. Je l’appelle donc (et ça me stress beaucoup… téléphoner dans une langue étrangère est la chose la plus difficile au monde). Résultat : il rit au téléphone et je ne comprends rien. Je nous imagine déjà chercher des noix de cocos pour nous abreuver et frotter deux pierres pour faire un feu.

Finalement, il appelle une amie qui parle anglais pour s’occuper de la traduction… et tout s’éclaire ! Il a fait une sieste et s’est endormi trop profondément, nous oubliant en effet sur l’île. Il arrive ! Et comme il ne sait pas lire, tous mes WhatsApp consciencieusement écrits en chinois ainsi que les magnifiques démos que je lui ai faites avec mon téléphone n’ont servis à rien !

1h30 plus tard, le voilà ! Nous embarquons sur sa petite barque en nous sentons aussi vaillants que Robinson Crusoé !