28 août – Escapade à Tin Shui Wai

Ce weekend, histoire de changer un peu de la routine, nous décidons de partir en staycation avec des amis. Le vendredi soir, nous mettons donc le cap sur Tin Shui Wai, une ville située à quelques pas de Shenzhen. Nous nous trouvons en effet à 15 petits kilomètres de la frontière. Si près et si loin en même temps puisque le passage entre la Chine et Hong Kong reste impossible en ces temps de Covid. Nous passons la nuit dans un hôtel à quelques mètres du Wetland Park… et j’avoue que de revenir dans un hôtel nous fait bizarre après notre quarantaine et fait remonter toutes sortes de souvenirs. Une fois la porte fermée, nous ressortons… juste pour s’assurer que c’est possible… Une fois ceci fait, nous allons mieux et nous passons une bonne nuit.

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26 août – Les pousseurs de cartons

Le soir, quand la nuit tombe… ou la journée pendant les heures chaudes, une armée silencieuse sillonne la ville, prête à nettoyer, ranger et ordonner les ruelles de Hong Kong. Derrière des chariots en métal, des personnes âgées courbées en deux ramassent en effet les cartons qui jonchent le sol et passent auprès des magasins pour les débarrasser de leurs emballages.

Ces hommes et ces femmes de l’ombre sont surnommés « cardboard grannies », alias les mamies en carton. Ceux-ci, pour chaque carton ramassé, recevront de petites sommes d’argent auprès des recycleurs locaux. Argent qui leur servira à joindre les deux bouts dans une ville qui n’est pas toujours tendre avec les moins favorisés.

19 août – Le mois des fantômes affamés

Ce mois ci à Hong Kong, c’est le mois des fantômes affamés, alias Hungry Ghost Festival.

En gros, tout comme à Halloween, dans la tradition chinoise, on pense que les esprits qui sont morts seuls, qui sont instables ou errants… quittent le royaume des morts pour revenir sur terre… Cela a lieu tout le mois avec un pic le 22 août ! Et ces fantômes sont facétieux et adorent piéger les vivants, leur faire des farces… et peuvent aussi se mettre en colère contre quelqu’un, voire leur porter la poisse.

Pour y pallier, pendant tout le mois, des rituels sont organisés pour rendre hommage à ces défunts, mais aussi à ses propres ancêtres. Sur la rue et dans les cimetières, offrandes, présents, encens sont déposés et les gens brûlent des papiers spéciaux afin d’apaiser ces âmes. Les familles servent généralement de la nourriture sur des tables commémoratives dans leurs maisons pour demander la bénédiction de leurs ancêtres et leur demander de veiller sur eux. Le soir du 21, les habitants organisent un festin et laissent une place vide à la table pour leurs membres disparus…

Hors Covid, les foules se rassemblent la nuit pour assister à des représentations d’opéra chinois organisées dans des structures temporaires en bambou. Les gens lâchent également des lanternes en papier sur l’eau, afin de guider les fantômes dans l’au-delà.

Mais, en complement, il y a tout une liste de choses à éviter pour ne pas déranger ou irriter les fantômes :

– Éviter de raconter des histoires de fantômes…

– Éviter de toucher les offrandes de nourriture qui sont dans la rue.

– Éviter d’organiser des événements importants pendant cette période, comme démarrer une nouvelle entreprise, se marier ou emménager dans une nouvelle maison.

– Éviter de laisser de l’argent dans la rue… ce qui peut être considéré comme un pot-de-vin destiné aux gardes de l’haut-delà…

– Éviter de prendre le dernier bus ou métro de la journée (souvent plein de fantômes)

– Éviter de prendre des photos la nuit.

– Éviter de planter vos baguettes dans votre bol

– Éviter de dormir à côté ou face à un miroir.

– Éviter de porter des vêtements rouges et noirs.

Bon. Entre le miroir de notre chambre, mon article sur les fantômes, mon t-shirt rouge et mes chaussettes noires et Nico qui adore prendre des photos de nuit… on est mal barrés. Je vais vite aller planter des bâtons d’encens, je crois.

16 août – Un air de déprime souffle sur la ville

En revenant en juillet en Suisse, nous sommes passés entre les gouttes. Aujourd’hui, le gouvernement hongkongais a annoncé qu’au vu de la hausse des cas et du variant delta dans divers endroits du monde, la quarantaine serait à nouveau renforcée… et ce, dès le 20 août…

De ce fait, le gouvernement a décidé de mettre sur la liste des pays à très hauts risques 16 pays qui sont les suivants : le Bangladesh, le Cambodge, la France, la Grèce, l’Iran, la Malaisie, les Pays-Bas, l’Espagne, le Sri Lanka, la Suisse, la Tanzanie, la Thaïlande, la Turquie, les Émirats arabes unis et les États-Unis. L’Australie, quant à elle, passera dans le groupe des pays à risques moyens…

Cela signifie que les personnes vaccinées ayant passé plus de 2h dans l’un des pays cités ci-dessus devront faire 21 jours de quarantaine, enfermés dans une chambre d’hôtel (à leurs frais évidemment), suivis par 7 jours de self-monitoring… Les gens non vaccinés sont persona non grata (à l’exception des enfants de moins de 12 ans…).

Jusqu’à présent, les Suisses de retour à Hong Kong devaient faire 7 jours de quarantaine, suivis de 7 jours en self-monitoring si vaccinés et avec test anticorps, ou 14 jours si seulement vaccinés…

Je vous avoue que c’est très fâcheux… et qu’on se rend compte avec effroi qu’avec la 4e vague qui guette l’Europe à l’automne, notre prochaine visite à la famille ne sera pas moins compliquée, au contraire.

C’est d’autant plus contrariant d’aller sur les réseaux sociaux et de voir la vie qui continue comme si de rien n’était dans le reste du monde… les festivals… les gens partant en vacances… les soirées cocktails et les fondues au bord du lac… Mais bon, essayons de rester positifs et de prendre les choses jour après jour.

08 août – Les genoux de Lilly

Ce soir, je m’accorde un petit plaisir… je vais me faire faire un massage thaï. J’ai mal au dos, alors cela tombe à pic.

En arrivant sur les lieux, je rencontre Lilly, ma masseuse du jour. Lilly est une femme plutôt menue, 1m60 tout au plus, avec de longs cheveux noirs et une frange qui lui tombe sur les yeux. À côté d’elle, j’ai l’air d’une géante disproportionnée.

Je m’installe, mets le t-shirt et le short prêtés par l’institut (pas de massages en sous-vêtements ici…). Nous « discutons » brièvement… mais c’est assez sommaire puisqu’elle ne parle pas anglais et que mon vocabulaire en cantonais concernant les parties du corps reste à améliorer. Sans plus attendre, Lilly commence à me planter ses phalanges et ses doigts dans les recoins de ma colonne. Elle sait immédiatement où appuyer. Nœuds… tensions… rien ne lui échappe et je quitte mon corps dans un nuage de bien-être et de douleurs.

Soudain, je sens qu’elle monte sur la table de massage. Elle m’enjambe, s’assied sur moi et me plante ses coudes le long de ma colonne. Je cesse de respirer.

Au bout de quelques minutes (ou heures, je ne sais plus…), elle se lève et dans un mouvement que j’imagine digne de la finale de gymnastique des JO de Tokyo (j’ai toujours la tête plantée dans la table), elle me grimpe littéralement dessus et ce sont ses genoux qui remontent le long de mon dos… se plantent là où mes nerfs sont les plus tendus. Si ça fait extrêmement mal, ça fait vraiment du bien en même temps.

Je sors de là, mes douleurs dorsales se sont évaporées. Je flotte. Mon corps ne pèse plus rien.

Lilly est une magicienne !