Milan – Le Retour

Ce matin, réveil aux aurores. Pas le temps de niaiser, c’est les vacances ! Notre train pour l’Italie partira à 7h03 pile (avec un petit changement à Lausanne mais ce n’est que détails).

Sur le quai, se mélangent les randonneurs matinaux, les travailleurs blasés et les noceurs fous qui rentrent de soirée puant la bière.

Une fois bien installés dans le train pour Milan, nous nous retrouvons à côté d’un groupe de Chinoises. Comme toutes les dernières fois où nous sommes partis en vacances en train, c’était en Chine continentale, un sentiment agréable me submerge. Tout me donne l’impression de filer droit vers Shanghai (tant que je ne regarde pas par la fenêtre).

Après quatre heures, nous voilà dans notre ville chérie. Nous nous baladons dans la gare et faisons un petit pèlerinage dans les lieux qui comptaient pour nous (oui, oui, même à la gare… deux ans d’allers et retours ont rendu toute chose significative). Nous buvons un vrai café à l’italienne accompagné de crostate, ces versions italiennes de la tarte de Linz. Nicolas est évidemment aux anges !

Nous rejoignons ensuite notre logement, un petit studio au cœur du quartier où nous avons vécu (les Navigli). Le linge pend aux fenêtres, la cour intérieure est verdoyante et colorée… Tous les souvenirs de nos deux années milanaises nous assaillent. L’appartement est au 4e étage sans ascenseur. On y accède par des escaliers extérieurs qui donnent sur de larges balcons communiquant permettant d’atteindre les entrées. C’est hyper joli.

Nous nous délestons de nos sacs et partons alors à la reconquête de la ville. Il pleut à grosses gouttes… ce n’est pas très agréable mais la grisaille rend la ville poétique ! L’Université Bocconi, la Porta Ticinese, la rue qui remonte vers le Duomo, le quartier des Navigli… un guide touristique ne comprendrait pas notre logique mais notre nostalgie est conquise (et notre compteur de pas aussi).

Nous terminons la journée à l’Osteria La Conchetta, où nous mangeons le plat traditionnel : le risotto cuit dans la meule de Gran Padano. Un délice !

Une première journée de vacances qui réveille d’autres temps révolus.

20 mai – Les beautés de l’Alsace

Il y a quelques semaines, j’ai passé un week-end en Alsace, à Strasbourg, plus précisément.

Monter à Strasbourg depuis Neuchâtel est un jeu d’enfant. Il suffit de prendre le train pour Bâle, puis de sauter dans un autre train qui relie la Suisse à Strasbourg en 1h20 . Grâce à ma carte SNCF Avantages adulte, j’économise 20 euros pour l’aller-retour. J’apprécie.

En arrivant à Strasbourg, je suis frappée par la mignonnerie de la ville. J’avais oublié le charme de l’Alsace.

Nous nous promenons dans les ruelles, admirons les rues pavées, les jolies boutiques et allons manger au Grand Tigre, une brasserie avec des plats typiques. Comme je ne supporte plus le lactose depuis mon retour d’Asie, je dois dire adieu aux tartes flambées, la larme à l’oeil. Mais le reste du menu est alléchant et l’endroit super !

Le soir venu, nous dormons à l’hôtel Boma, hyper bien placé et très confortable.

Le lendemain, nous arpentons les rues. Strasbourg est un musée à ciel ouvert : la cathédrale, bien sûr, les canaux, la place Kléber, ses ponts couverts. Tout est superbe. Il fait un temps splendide, ce qui ne gâche rien.

A midi, nous découvrons un petit restaurant qui sert de la cuisine coréenne. Nous mangeons un petit snack. Ce n’est pas incroyable mais c’est très rigolo d’écouter les clients français qui racontent la Corée.

L’après-midi, nous allons visiter l’exposition Mari en Syrie, mise sur pied par le Louvres. C’est passionnant ! La guide est incroyable et nous plonge au cœur de la société mésopotamienne. J’en ressors toute grisée. Je ne regrette pas d’avoir pris la visite guidée car sans cela, je serais complètement passée à côté du contenu de l’exposition !

Nous flânons ensuite avant de manger à L’Oignon, un restaurant à la française évidemment délicieux. Puis nous rentrons en admirant la lune qui se reflète dans L’Ill.

Dimanche matin, après avoir mangé un bon croissant dans une petite boulangerie de quartier, nous reprenons le train. Escale à Bâle pour aller voir l’exposition « Made in Japan. Estampes d’Hiroshige, Kunisada et Hokusai » au Kunstmuseum.

En y allant depuis la gare, je suis frappée par la beauté de Bâle. Il faudra y revenir.

L’exposition est sympa. J’aime deviner des lieux que je connais sur les images, mais je regrette qu’il n’y ait pas d’explications sur l’impression des estampes et de leurs usages concrets dans les villes.

Puis, nous terminons notre excursion en attendant notre train à la terrasse d’un café. Il fait doux. Le printemps européen peut être délicieusement agréable ! Et j’adore pouvoir sauter dans un train et être dépaysée.

Bâle et Strasbourg, je reviendrai.

14 avril – Les drôleries du train

Je suis assise dans le TGV pour rentrer en Suisse. Mon voisin, un hispanophone très sympathique, se tourne vers moi :

– J’ai une consigne à vous donner : si je ronfle, donnez moi des coups de coude. J’ai de l’apnée du sommeil et je n’ai pas envie qu’on me jette du train.

Je rigole et j’obtempère.

Quinze minutes plus tard, il ronfle comme un camion, le menton calé sur sa poitrine. Il n’avait pas menti.

13 avril – Une odeur particulière

Il y a une chose que j’avais oublié, en Asie, où peu de gens fument : c’est cette odeur rance et doucereuse qui colle à la peau des fumeurs.

En m’asseyant à côté de mon voisin, dans le RER qui me mène à Sens, j’ai mis plusieurs minutes avant de comprendre ce que c’était !

01 janvier – Dong dong dong

Dong, dong, dong… nous sommes le 31 décembre (oui je poste toujours avec un jour de délai). J’ouvre un œil et elle est là, elle m’attend, la vieillesse ! Les portes sont ouvertes. Il est temps de quitter la trentaine ! En novembre 2024, je rentrerai dans ma quarantième année et… pour me rappeler que c’est un pas de plus en direction de ma tombe… le réveil se fait avec un affreux torticolis ! Je suis aussi rigide qu’un garde suisse en plein service. J’ai mal !

L’avantage : j’ai le port altier de la reine d’Angleterre ! Très chic pour aller prendre le petit-déjeuner.

Bref. Malgré cela, nous décidons quand même d’aller explorer Shenzhen. Douleur, je t’aurai ! Nous nous dirigeons donc vers le OCT Creative Hub, un quartier d’anciennes usines réaffecté en zone creative. Boutiques de designers, galeries, librairies, ateliers… nous explorons les coins et recoins de ce quartier à l’ambiance hipster et détendue.

Nous admirons une exposition très étrange. J’en viens à me demander si les textes expliquant les oeuvres n’ont pas été écrits par Chat GPT avant d’être grossièrement traduits sur un outil de traduction automatique tant ça n’a ni queue ni tête – il est question d’anges et de cheval vert que nous sommes tous au fond de nous… ainsi que de pigeons qui représentent la vie (mais les œuvres étant… esthétiquement discutables également… ça se recoupe – et pourtant habituellement, j’aime beaucoup l’art contemporain).

Nous nous arrêtons ensuite dans un café, observant les gens aller et venir. Je cale mon cou contre un rebord et je suis bien, avec la musique électro qui s’échappe de hauts parleurs. Il fait 25 degrés. C’est très agréable.

Ensuite, nous nous dirigeons vers un autre lieu vanté par les blogs listant les choses à faire à Shenzhen. La ville étant récente… elle s’est construite en 30 ans à peine sur un petit village de pêcheurs dont il ne reste que peu de choses… nous n’embrayons donc pas sur une visite historique. J’ai lu que le quartier de Upperhills était super, très beau architecturalement parlant. Alors go ! Mais en arrivant, c’est la déconfiture : c’est juste un mall. Il est certes assez Instagrammable et a la particularité d’être suspendu entre deux parcs… mais à part cela, c’est juste un centre commercial en somme. Nous en faisons vite le tour et rentrons faire une petite sieste. Je dois être en forme pour ce soir, il n’est pas question que mon torticolis m’empêche de célébrer 2024 avec panache! Non non non ! 2024 sera l’année de tous les possibles puisque je serai excusée de tout (ce sera la crise de la quarantaine, ça ne sera pas de ma faute, niak niak niak)!

Le soir venu, nous sortons manger. Nous nous asseyons sur une terrasse, un 31 décembre. Même après 6 ans loin de la maison, je n’en reviens toujours pas. Devant nous, un énorme sapin de Noël décore la rue (en passant en boucle Last Christmas, All I want for Christmas is you et Santa Claus is coming to town…). Une machine à mousse simule de la neige. Les gens sont tout fous et patinent sur le sol devenu glissant.

Après le repas, nous nous promenons un peu (et fuyons la musique de Noël) puis nous rejoignons le bar où jouaient les musiciens sud-africains d’hier soir. Ils organisent un concert spécial fait de reprises très festives. J’avale un anti douleur et hop, je suis prête pour la soirée. Il faut dire qu’il y a 4 ans que nous n’avons pas eu le droit de célébrer dignement le passage de nouvel an et je suis avide de musique live et de fête. Nous nous en donnons à cœur joie. C’est super super sympa ! Et c’est ainsi que nous rentrons dans 2024 !

Bonne année à vous tous et merci de me lire !