06 août – Une semaine à Da Nang : le bilan

La semaine dernière, je vous racontais quelques anecdotes de nos vacances à Da Nang. Cet été, nous avons en effet deux semaines de vacances… que nous avons coupées en deux. La première étant déjà terminée, et pour qu’elles puissent être utiles à d’autres, voici nos recommandations pour un séjour d’une semaine à Da Nang.

Ancienne colonie et première ville du Vietnam à être occupée par les Français, Da Nang (qui portait autrefois le nom de Tourane) est une ville située au centre du Vietnam. C’est une station balnéaire prisée des touristes asiatiques dont un grand nombre de locaux et de Coréens. Dans notre hôtel, nous étions les seuls Occidentaux, tout comme lors de nos balades en ville. Et le contraste était d’autant plus saisissant lors de nos virées à Hoi An, ville voisine grouillant de touristes.

Soyons honnête : la ville de Da Nang n’a pas le charme de Hoi An. Elle décevra certainement les touristes en provenance d’Europe en recherche d’un Vietnam traditionnel. C’est une ville qui bouge. De nombreux chantiers sont en cours… Mais elle est très authentique, dans le sens où ce n’est pas une ville musée. C’est une ville vivante et c’est très agréable. Ici, ce qui attire ce sont ses plages splendides et ses nombreux restaurants. Et j’ai aimé son ambiance détendue et calme.

Si vous décidez d’y passer, voilà donc ce que nous avons fait cette semaine… nos coups de cœur, nos bonnes adresses ou nos déconvenues.

Samedi soir : nous sommes arrivés à Da Nang le samedi en fin d’après-midi. Après notre installation, nous sommes simplement allés manger. Après avoir tournoyé dans les ruelles proches de notre hôtel, nous sommes tombés sur un de ces restaurants posés à même le trottoir avec des aquariums en fond… et de la musique à fond. L’ambiance était festive et nous avons apprécié cette première soirée, même si le fonctionnement même du restaurant était complexe. Divers stands étaient posés aux quatre coins de l’établissement et il fallait s’y rendre pour chercher ce qu’on voulait – le tout en vietnamien, évidemment. Toutes les dix minutes, des gens habillés en ours géants venaient vendre des biscuits aux enfants. Le repas n’était pas dingue mais l’expérience en valait la peine.

Dimanche : le lendemain, nous étions réveillés à 6h30 du matin. Nous sommes donc allés nous baigner avec quelques Vietnamiens matinaux. En effet, l’avantage de Da Nang est sa plage sublime. Ici, pas de plastique ou de déchets. Des kilomètres de sable… et une mer extraordinairement propre. Un plaisir pur. Toutefois, la chaleur étant telle, nous avons privilégié les baignades à 7 heures du matin ou en fin de journée vers 18h. Le soir, des bars installaient des poufs à même le sable pour y boire un verre et des scènes proposaient concerts et musique. Une atmosphère très sympathique et également très familiale.

Après notre baignade, nous sommes partis explorer la ville. Méconnue, la ville de Da Nang recèle quelques trésors, dont sa cathédrale, son pont du dragon… et mon coup de coeur, le quartier de Fresco Village, un dédale de rues peintes de mille et une manières! C’est à ce moment que j’ai vécu mon aventure avec la nonne bouddhiste dont je vous parlais il y a quelques jours !

Lundi : en arrivant à Da Nang, j’avais été attirée par une photo d’un pont soutenu par deux mains géantes. Ca m’avait l’air sublime. Nous avons donc décidé d’en faire notre excursion du jour. Le lieu, appelé Ba Na Hill, était un ancien village de vacances créé en 1920 par les colons français. Se situant à 1400 mètres d’altitude, on y accède donc en télécabine. Jusque là, tout allait bien. Je m’attendais à visiter un vrai village historique. Mais en arrivant au sommet, la surprise a été de taille : un faux village soit disant français avait été recréé. Tout en plastique, les bâtiments cachaient une sorte de parc à thème mettant en scène une France fantasmée par les Vietnamiens. Au final, tout était faux et complètement à côté de la plaque. On se serait cru dans un village d’Europa-Park servant Bretzel et saucisses allemandes et diffusant du Florent Pagny à plein régime via des hauts parleurs… j’ai oscillé entre l’amusement le plus total et la stupeur complète face à ce drôle d’endroit. Quant au pont, il a été construit en 2018 pour les touristes (à côté du jardin de l’Amouuuuur !).

La balade nous a donc amusée mais je ne la recommande pas vraiment !

Mardi : le mardi, nous avons planifié une excursion à Hué. Située à deux heures de Da Nang, Hué fût l’ancienne capitale du Vietnam pendant la dynastie Nguyen… et nous avons visité avec plaisir l’ancienne cité impériale construite aux abords de la rivière des Parfums. A l’intérieur, restent quelques vestiges de ce temps révolu même si de nombreux bâtiments n’ont pas survécu à la guerre. Mais c’est beau… et c’est très intéressant ! Prenez un guide ou un audioguide pour mieux comprendre l’histoire complexe de ce beau pays.

Après la cité impériale, nous sommes partis à la conquête du temple de Dai Hung, connu pour abriter la voiture d’un moine s’étant immolé en 1963 pour protester contre les Américains. Et nous finissons la journée par la visite du mausolée de l’Empereur Khai Dinh. L’endroit est flamboyant. On se croirait à Versailles. J’ai du mal à croire qu’il a été bâti entre 1920 et 1930 tant son archipel fait penser à un temps révolu.

Nous rentrons alors à Da Nang. La route est sublime. Nous traversons des montagnes, des rizières et des fermes à huîtres et profitons pleinement du paysage.

Mercredi : le mercredi, nous partons visiter Hội An, située à une quarantaine de minutes de Da Nang. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la vieille ville est sublime et nous emporte avec elle dans le passé ! Les maisons traditionnelles mélangent le style architectural français, chinois et japonais, organisées autour de la rivière, pilier central de la ville. C’est beau.

Nous nous perdons dans les ruelles, admirons les maisons aux façades colorées, les boutiques vendant des lanternes et le fleuve engorgé de sampans. Mais la foule est folle. Les touristes sont PARTOUT. Et de ce fait, les vendeurs nous alpaguent à chaque carrefour. Je suis contente de repartir à Da Nang où le calme est de rigueur.

Jeudi : nous partons à l’assaut des montagnes de marbre. Et elles sont magnifiques. Plusieurs collines, comme sorties de rien, se dressent vers le ciel et à l’intérieur, un dédale de grottes. L’endroit est magnifique et en vaut vraiment la chandelle. Je suis surprise de la profondeur des grottes et de la richesse de la visite.

Aux pieds des montagnes, des dizaines de magasins proposent des statues en marbre. Des Bouddhas, des Vierges Maries, des lions, des colonnes romaines… c’est démesuré et plutôt comique.

Vendredi : le vendredi, après avoir visité le magnifique temple de Lady Bouddha (qui vaut véritablement le détour), nous retournons à Hoi An. La ville est belle et nous voulions être certains de n’en avoir pas perdu une miette. On se balade donc, on flâne. On s’assied le long du fleuve pour boire des cafés vietnamiens. La sortie est à la détente et nous admirons cette ville au charme incontournable.

Samedi : nous repartons donc dans l’après-midi et profitons donc une dernière fois de Da Nang. Nous plongeons dans la mer, allons visiter le marché central et le musée de Cham, mangeons un banh mi et il est temps de repartir.

La semaine aura passé rapidement et aura été belle.

28 juillet – Courbatures

Après avoir escaladé une montagne en plein cagnard, « à vitesse de chèvre » (selon Nicolas qui m’observait depuis en bas), j’ai décidé de récompenser mes efforts en m’offrant un petit massage.

Pour l’occasion, pas question de choisir un traditionnel massage de dos ou de pieds… non ! En avant les nouvelles aventures… je teste donc le massage traditionnel au bambou. Et quand le monsieur me demande si j’en veux un doux, moyen ou fort, pas question de faire ma chochotte. Je choisis évidemment la dernière option.

Le massage vietnamien au bambou est sensé avoir de nombreuses vertus telles que la prévention des troubles musculaires, la réduction des accidents vasculaires cérébraux et la détoxification du corps. Je suis donc convaincue et m’allonge sur la table.

La masseuse commence donc à me pétrir avec de l’huile, puis avec l’aide d’un bambou brûlant chaud, elle me masse le dos. Elle descend alors vers les pieds… me plante les bâtons dans les plantes. Jusque là tout va bien. Ensuite elle me demande de me retourner et s’attaque à mes jambes et alors là, je commence à souffrir. Mais comme j’aime les massages douloureux, je suis plutôt contente.

Elle me recouvre alors avec un linge de bain, elle me frappe le corps avec les bâtons qui sont toujours très chauds. Après la torture le soin, elle termine par me masser la tête (avec les mains, ouf!). La session est terminée.

Malgré le fait que j’aie payé pour me faire bastonner à coup de cannes, je sors de là détendue et ravie – on est masos ou on ne l’est pas… Je me traîne jusqu’à l’hôtel et je dors comme un bébé.

Le lendemain, au moment de me lever, je pousse un cri de douleur. Mes cuisses sont courbaturées comme jamais. Sortir du lit, m’asseoir ou me lever, mettre mon short, marcher ou descendre les escaliers, j’ai l’impression d’avoir pris 50 ans dans les dents. Et les heures passant, les crampes ne s’améliorent pas. J’ai une pensée émue pour ma grand-maman qui essaie encore de se lever à 97 ans. Tout est difficile. Marcher. Aller boire un verre. Sortir d’un véhicule. Tout.

Bref, avec un peu de chance, ça ira mieux demain.

25 juillet – La ronde des scooters

Chaque soir, la ville se remplit de scooters. Les gens rentrent du travail. A un, deux, trois ou parfois quatre, ils sillonnent les avenues. Souvent, des bébés et des enfants sont coincés entre les parents sur le siège… parfois, un petit chien est assis sur le guidon.

Devant nous, une femme conduit son bolide. Soudain, elle freine brusquement. Sa schlaps (alias claquette pour mes lecteurs français) est tombée sur la route. Pas de souci. Elle la ramasse et repart, en toute tranquillité…

24 juillet – Da Nang : la nonne

Nous passons devant un temple. Son architecture est splendide avec son immense statue en pierre blanche se dressant au cœur d’un jardin, et ses murs jaunes vif. Un immense Bouddha en or jaune trône devant l’entrée. A ses côtés, une vingtaine de nonnes somnolent. Elles sont assises, pieds nus, vêtues d’une robe grise anthracite à même le sol.

Curieuse, je m’approche et jette un regard dans le sanctuaire. Il est ouvert vers l’extérieur et richement décoré.

Soudain, l’une des religieuses me fait signe de la main. « Come, come… » me dit-elle. Elle est très âgée. Une épaisse chevelure blanche recouvre un visage constellé de rides. J’enlève mes chaussures et elle me saisit par le bras, m’entraînant à sa suite. Elle m’amène devant le premier Bouddha et me demande de me prosterner. Je m’exécute. « Again! », me dit-elle. Une fois, deux fois, trois fois. Bon… Puis elle me reprend le poignet et m’amène vers deux autres statues. Rebelote. Je m’agenouille. Touche le tapis avec mon front, selon ses directives.

Au fil des prosternations, elle me serre de plus en plus fermement et me tire vers l’arrière du temple. Ses doigts s’enfoncent dans ma peau. Je ne comprends pas où elle me mène. Je résiste sans grand succès ! Je ne vais pas commencer à malmener une dame âgée quand même…

Nous nous approchons d’une porte et je commence à me poser des questions. Où va t’on comme cela ? Mais elle ne parle pas anglais… et je ne sais dire que bonjour et merci en vietnamien.

Là, une autre nonne – la cinquantaine – arrive en courant. Sa peau est bronzée et ses cheveux sont noués en une queue de cheval. Elle interpelle sa consœur et me prend par l’autre bras. Toutes deux serrent, m’ecartèlent, commencent à me secouer en se disputant. Ce n’est pas agréable. Je me dégage difficilement.

Aux mouvements de tête de la deuxième, je comprends que la première religieuse doit être sénile et ne pas avoir toute sa tête. Je recule le plus discrètement possible vers l’entrée, les laissant à leur querelle.

Les autres nonnes rient sous leur cape en me regardant passer. J’ai dû faire leur journée… quant à moi, je suis amusée. C’est la première fois que je suis « attaquée » par des bonnes sœurs !

14 avril – Les délices de Kyoto

Cette semaine, nous avons passé quatre jours à Kyoto, ancienne capitale du Japon et capitale de la zen attitude avec ses 400 temples et son charme d’antan.

Le premier jour, après notre installation au ryokan, nous allons manger dans un petit restaurant appelé Nishijin Nebiya. L’endroit est charmant et absolument local. Tout est en japonais mais Google translate est notre ami et nous dégustons l’un des meilleurs repas de notre séjour, à un prix on ne peut plus raisonnable.

Des tempuras aériens !

Les babines pleines, nous décidons de mettre le cap sur Daitoku Ji, un grand jardin regroupant de nombreuses anciennes écoles de bouddhisme zen. On sillonne sous les pins et entrons dans des maisons qui feraient rêver le plus ronchon des ronchons. Des pièces sublimes, des paravents peints avec douceur, des jardins à se pâmer… C’est d’ailleurs si beau que Nicolas Bouvier, lors de son séjour au Japon, en fût le concierge pendant 4 mois. Et moi aussi je m’y installerais bien.

Nous continuons à marcher jusqu’à la rivière Kamo. Nous voulons visiter le jardin botanique mais nous nous faisons avoir par le temps. A 4 heures, tout ferme : les temples, les jardins… suivis par les musées à 5 heures et les magasins à 6 heures. Les Kyotoïtes sont des couches tôt ! Nous redescendons le long de la rivière, flânons un peu et finissons à Gion, l’ancien quartier connu pour ses geishas, avec son architecture sublime. Il est 19h15, nous cherchons un lieu où manger mais tout est plein. A craquer. Impossible de trouver quoi que ce soit. Nous errons un peu et finissons dans un bar assez sympa mais si mal organisé qu’au bout de deux heures nous n’avons reçu qu’un plat sur les quatre commandés (et il s’agit de snacks, pas de plats très élaborés). De où nous sommes assis, nous voyons les cuisines et tout est frit, frit, frit, refrit. Nous sauvons nos artères et rentrons donc. Nous sommes en effet attendus au Ryokan pour l’heure du sento et on ne rigole pas avec ça.

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, je dois me lever. Je suis attendue au Lycée français de Kyoto où une classe de CP et de CM1 m’attendent pour un atelier créatif. J’y rencontre un collègue, Christophe Mauri, auteur talentueux pour enfants et ensemble nous stimulons l’imagination des petits. Puis, nous partageons un repas très sympathique avec les deux enseignantes qui sont vraiment supers !

L’après-midi, je rejoins Nicolas qui pendant ce temps est allé faire des photos sous des arches et nous allons nous balader au bord du chemin de la Philosophie, un sentier magnifique longeant le canal du lac Biwa. Il pleut… et l’heure tourne. 5h, les cloches résonnent. Tout ferme. Nous flânons en ville ! A 18h, traumatisés par notre expérience de la veille, nous nous arrêtons pour manger… L’heure des repas « à la Suisse » a sonné! C’est une bonne idée. A 18h30, le resto refuse du monde… et nous profitons de délicieuses spécialités de Kyoto. A 20h, nous faisons une marche digestive dans le vieux Kyoto en regardant les gens galérer pour trouver un endroit où s’asseoir et nous nous congratulons de notre ingéniosité d’avoir mangé tôt !

Le jeudi, le temps est sublime. Nous commençons la journée au marché de Nishiki où nous mangeons une omelette sur le pouce. Et nous prenons un bus pour rejoindre le Kiyomizu-dera, un temple superbe où mon prochain roman se passera. J’en arpente donc tous les recoins. Je me faufile dans un tunnel tout noir… le ventre de Bouddha… pour aller voir une pierre spéciale, remonte les allées, lit tous les panneaux tandis que Nicolas fait de magnifiques photos.

Après cela, nous redescendons par Ninenzaka, quelques ruelles charmantes bordées de boutiques. Si je m’écoutais, il me faudrait quelques millions et un container pour ramener tout ce que je trouve joli.

Comme nous sommes des estomacs sur pattes, nous nous arrêtons pour goûter à une spécialité que j’adore : de l’anguille dans un charmant petit restaurant, appelé Kaneyo. Nous nous rendons alors au Honen-In, un temple comprenant également une galerie d’art où je sympathise avec l’artiste. Puis nous marchons jusqu’au Gingaku-Ji, alias Pavillon d’argent. Ce jardin féerique comprend la villa d’un ancien shogun au goût sublime.

Il est 17h, l’heure du repos. Nous nous arrêtons donc dans un parc pour profiter des derniers rayons du soleil avant de nous diriger vers le centre pour croquer un morceau et finir la journée !

Le vendredi est notre dernière matinée à Kyoto ! Après un petit-déjeuner traditionnel à base de maquereau et de natto, nous visitons l’ancien palais impérial ! C’est majestueux…

Il est alors temps de nous diriger vers la gare pour rentrer à Tokyo ! Même le retour est un enchantement lorsque nous voyons le Mont Fuji se dresser vers le ciel depuis notre train rapide !