10 décembre – File et patience

Alors que je suis à la caisse d’un magasin, la vendeuse se rend compte que le produit que je souhaite acheter n’a pas d’étiquettes. Calmement, elle appelle une collègue et le cas semble compliqué. Ca parlemente, le tout en cantonais. Je ne comprends pas tout.

Derrière moi, la file s’allonge, s’allonge et s’allonge encore. Je me tends et rentre la tête dans les épaules. En plein mois de décembre, c’est sûr, je vais me faire engueuler ou les gens vont du moins s’impatienter…

La vendeuse va et vient. La résolution des étiquettes manquantes semble prendre des allures d’enquêtes d’Hercule Poirot.

J’ose enfin tourner la tête vers la gauche, observant discrètement ceux qui, à cause de moi, attendent. Une femme me sourit hyper gentiment puis m’explique ce que les vendeurs sont en train de dire. Les autres gens dans la file sont super détendus et attendent patiemment en plaisantant. C’est alors que cela me revient. Les Hongkongais ne sont pas comme les Européens. Ils savent attendre longuement, sans s’énerver!

08 décembre – Baignés dans le silence

Pour mon travail, je me rends à Fanling afin d’interviewer une association appelée Silence, dédiée aux personnes sourdes.

Après avoir interrogé le fondateur de l’organisation, je me rends dans une salle où un atelier est organisé. Alors que je m’attendais à une classe très silencieuse, c’est un joyeux brouhaha qui m’accueille. Une dizaine de femmes fabriquent des fleurs en papier pour une vente de soutien.

Je discute avec plusieurs d’entre elles. Elles m’apprennent quelques signes et me racontent leur quotidien. La conversation est fastidieuse. Je pose ma question en anglais, traduite par un des membres de l’association en cantonais à l’interprète qui signe alors mon message. Le tout refait ensuite le chemin inverse.

C’est dans ce cadre que Ling me dit qu’être sourd est stressant. C’est difficile de communiquer avec des gens pressés qui ne savent pas et ne voient pas qu’elle est sourde et qui ne sont pas prêts à faire d’efforts particuliers. A cela, on rajoute le masque empêchant de lire sur les lèvres et tout se corse. Toute demande de renseignement, toute interaction est donc extrêmement compliquée, et elle a peur d’aller dans de nouveaux endroits sans être accompagnée. Une autre femme me confie que ce qui lui pèse c’est l’ennui et la solitude. Il y a peu de loisirs faits pour les malentendants et depuis qu’elle est à la retraite, les journées sont longues.

Le fondateur me dit que le souci principal est l’éducation. Il y a peu d’écoles spécialisées et les enfants sont donc laissés à eux même dans des classes sans aménagements. Beaucoup peinent donc à savoir lire, écrire. Et sans lire, comment trouver des informations, s’amuser, passer le temps ou même appeler ses proches? Beaucoup sont donc en décalage par rapport aux enfants du même âge car ils n’ont pas un accompagnement digne de ce nom.

Je suis donc admirative du travail mis en place par les bénévoles pour accompagner leurs membres au quotidien, sensibiliser et former… et admirative du courage de ces personnes sourdes dans une société qui ne leur crée pas vraiment de place.

Pour les soutenir, rendez-vous sur le site de Silence et n’hésitez pas à leur faire un petit don.

07 décembre – Sapins et aiguilles

Au marché aux fleurs, la rue est recouverte de sapins… et une odeur de sève titille nos narines. Sur les étiquettes, le mot SOLD est écrit en rouge sur la majorité d’entre eux, aux côtés de prix exorbitants…

Comme ces sapins ont fait le tour du monde, rien ne se perd. Les vendeurs récupèrent donc la moindre branche tombée pour fabriquer des couronnes ou de petits sapins reconstitués. Eh oui, la tradition du Christmas tree s’est mondialisée.

De notre côté, même si le sapin reste un souvenir de Noël, on ne cède pas. On n’achètera pas un sapin ayant plus voyagé que nous… du coup, nous avons choisi un local Christmas tree que l’on gardera après Noël !

06 décembre – Aux portes de Shenzhen

Samedi, une fois n’est pas coutume, nous faisons appel à un guide pour aller découvrir la zone tout au Nord des Nouveaux Territoires !

Victor nous accueille donc à Sheung Shui où, après avoir découvert la ville et son histoire, nous louons des vélos pour partir à la conquête de la zone bordant Shenzhen.

Après avoir pédalé le long de la rivière, observé le poste de contrôle et le petit pont nous séparant de cette grande ville chinoise, nous arrivons sur une colline où la vue est époustouflante. On admire les tours, les rues animées et on aperçoit même les passants et les voitures qui circulent dans les rues.

En redescendant, nous nous rendons dans un petit village où se trouve une fabrique de tofu locale. Là nous dégustons quelques desserts traditionnels et des cubes de tofu grillés au piment. C’est délicieux. J’ai un faible pour le pudding de tofu au sésame noir qui est crémeux comme un yoghourt !

Puis, Victor nous emmène sur les pas de la famille à qui le village appartient et nous en dit plus sur les clans qui gouvernaient la région… avant de finir la balade en nous emmenant manger du siu yok, une spécialité hongkongaise !

En résumé, la balade était sublime et l’on s’est sentis en vacances… !

Si vous ne savez donc pas que faire pendant vos weekends ou vos vacances de Noël, voilà une activité que je vous recommande plus que chaudement !

Pour en savoir plus : https://hiddengemstravelhk.com/