17 août – Nuage rose sur TST

Dimanche, alors que nous rentrons à la maison, une foule surexcitée s’amasse devant un grand poster. Des gens – de tout âge… de tous styles… hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, font la queue en plein cagnard pour se prendre en photos devant une image immense, rose bonbon, avec un jeune homme posant dessus à la manière des groupes de K-Pop qui sont si populaires.

Je m’arrête, un peu perplexe. Faire la queue pour prendre une photo avec une star… oui… ça je comprends… mais pour se prendre en photo devant une affiche géante ? Alors là… non vraiment… ça me dépasse (même si j’avoue avoir, à 14 ans, placardé ma chambre de photos des Backstreet Boys, les avoir regardés avec des yeux de Merlan frit dès le matin et même avoir embrassé les lèvres cartonnées de Keviiiiiiiiiin sur mon mur.)

Je prends quelques photos, un peu curieuse et je rentre à la maison en me demandant qui est ce « pink prince… ». Une fois sur mon canapé, je me balade sur Facebook je vois ma copine Ying Ying…. en photo… devant le poster ! Ni une ni deux, je lui écris pour lui demander pourquoi et comment et elle me répond qu’il s’agit d’un des membres du groupe Mirror, un boysband de Canto Pop… que c’est un groupe qui lui donne du baume au coeur ! Et elle m’envoie cet article en complément !

J’ai donc ainsi découvert le groupe Mirror, composé de 12 jeunes hommes (12!!!) avec leurs visages d’anges et leurs coupes à la mode ! Et c’est pas mal dans le genre cantopop! Leur clip est plutôt rigolo !

15 août – Des mots pleins de possible

Si j’essaye d’apprendre à lire le chinois, je suis bien loin de pouvoir comprendre quoi que ce soit.

Cet après-midi, Nicolas et moi passons à la librairie. Environ 15% des bouquins disponibles sont en anglais, tandis que 85% des rayonnages nous sont totalement hors de portée. Du coup, j’erre dans les rayons et j’essaie de comprendre de quoi il en retourne de par la couverture.

Parfois c’est évident. Parfois… pas du tout. Et mon imagination comble alors les manques, créant des scénarios absurdes et très marrants.

Un petit aperçu en images de quelques couvertures bien mystérieuses!

10 août – L’heure kafkaïenne

Le soir, en rentrant à la maison, la tentation est grande de lever les yeux vers le ciel, de regarder les néons clignotants, les boutiques illuminées et les buildings.

Pourtant, quitter des yeux le trottoir est une erreur de débutant. Dès que la nuit tombe, les cafards se joignent aux badauds et batifolent entre les pieds pressés.

Ils sont généralement gros… de la taille d’une pièce de cinq francs environ, et ils sont vifs. Ils surgissent sans qu’on s’y attende. Et il ne faut surtout pas les écraser… non ! Déjà parce que ça fait un bruit dégoûtant… mais surtout parce que si on écrase une cafarde pleine d’oeufs, ceux ci se colleront sous vos chaussures et écloront dans le confort de votre meuble à chaussures. Une très très mauvaise idée.

08 août – Les genoux de Lilly

Ce soir, je m’accorde un petit plaisir… je vais me faire faire un massage thaï. J’ai mal au dos, alors cela tombe à pic.

En arrivant sur les lieux, je rencontre Lilly, ma masseuse du jour. Lilly est une femme plutôt menue, 1m60 tout au plus, avec de longs cheveux noirs et une frange qui lui tombe sur les yeux. À côté d’elle, j’ai l’air d’une géante disproportionnée.

Je m’installe, mets le t-shirt et le short prêtés par l’institut (pas de massages en sous-vêtements ici…). Nous « discutons » brièvement… mais c’est assez sommaire puisqu’elle ne parle pas anglais et que mon vocabulaire en cantonais concernant les parties du corps reste à améliorer. Sans plus attendre, Lilly commence à me planter ses phalanges et ses doigts dans les recoins de ma colonne. Elle sait immédiatement où appuyer. Nœuds… tensions… rien ne lui échappe et je quitte mon corps dans un nuage de bien-être et de douleurs.

Soudain, je sens qu’elle monte sur la table de massage. Elle m’enjambe, s’assied sur moi et me plante ses coudes le long de ma colonne. Je cesse de respirer.

Au bout de quelques minutes (ou heures, je ne sais plus…), elle se lève et dans un mouvement que j’imagine digne de la finale de gymnastique des JO de Tokyo (j’ai toujours la tête plantée dans la table), elle me grimpe littéralement dessus et ce sont ses genoux qui remontent le long de mon dos… se plantent là où mes nerfs sont les plus tendus. Si ça fait extrêmement mal, ça fait vraiment du bien en même temps.

Je sors de là, mes douleurs dorsales se sont évaporées. Je flotte. Mon corps ne pèse plus rien.

Lilly est une magicienne !