14 décembre – Des histoires pour Noël

Vous aimez les histoires ?

Le 21 et 22 décembre prochain, je raconterai quelques fables de Noël pour les petits (et les grands avec un cœur d’enfant) à la librairie Parenthèses, à Central.

Entrée libre sur inscription!

(Merci la librairie Parenthèses pour le « conteuse hors pair »… maintenant, j’ai la pression…)

Et une photo d’une séance lecture avec mon petit renard adoré !

10 décembre – File et patience

Alors que je suis à la caisse d’un magasin, la vendeuse se rend compte que le produit que je souhaite acheter n’a pas d’étiquettes. Calmement, elle appelle une collègue et le cas semble compliqué. Ca parlemente, le tout en cantonais. Je ne comprends pas tout.

Derrière moi, la file s’allonge, s’allonge et s’allonge encore. Je me tends et rentre la tête dans les épaules. En plein mois de décembre, c’est sûr, je vais me faire engueuler ou les gens vont du moins s’impatienter…

La vendeuse va et vient. La résolution des étiquettes manquantes semble prendre des allures d’enquêtes d’Hercule Poirot.

J’ose enfin tourner la tête vers la gauche, observant discrètement ceux qui, à cause de moi, attendent. Une femme me sourit hyper gentiment puis m’explique ce que les vendeurs sont en train de dire. Les autres gens dans la file sont super détendus et attendent patiemment en plaisantant. C’est alors que cela me revient. Les Hongkongais ne sont pas comme les Européens. Ils savent attendre longuement, sans s’énerver!

08 décembre – Baignés dans le silence

Pour mon travail, je me rends à Fanling afin d’interviewer une association appelée Silence, dédiée aux personnes sourdes.

Après avoir interrogé le fondateur de l’organisation, je me rends dans une salle où un atelier est organisé. Alors que je m’attendais à une classe très silencieuse, c’est un joyeux brouhaha qui m’accueille. Une dizaine de femmes fabriquent des fleurs en papier pour une vente de soutien.

Je discute avec plusieurs d’entre elles. Elles m’apprennent quelques signes et me racontent leur quotidien. La conversation est fastidieuse. Je pose ma question en anglais, traduite par un des membres de l’association en cantonais à l’interprète qui signe alors mon message. Le tout refait ensuite le chemin inverse.

C’est dans ce cadre que Ling me dit qu’être sourd est stressant. C’est difficile de communiquer avec des gens pressés qui ne savent pas et ne voient pas qu’elle est sourde et qui ne sont pas prêts à faire d’efforts particuliers. A cela, on rajoute le masque empêchant de lire sur les lèvres et tout se corse. Toute demande de renseignement, toute interaction est donc extrêmement compliquée, et elle a peur d’aller dans de nouveaux endroits sans être accompagnée. Une autre femme me confie que ce qui lui pèse c’est l’ennui et la solitude. Il y a peu de loisirs faits pour les malentendants et depuis qu’elle est à la retraite, les journées sont longues.

Le fondateur me dit que le souci principal est l’éducation. Il y a peu d’écoles spécialisées et les enfants sont donc laissés à eux même dans des classes sans aménagements. Beaucoup peinent donc à savoir lire, écrire. Et sans lire, comment trouver des informations, s’amuser, passer le temps ou même appeler ses proches? Beaucoup sont donc en décalage par rapport aux enfants du même âge car ils n’ont pas un accompagnement digne de ce nom.

Je suis donc admirative du travail mis en place par les bénévoles pour accompagner leurs membres au quotidien, sensibiliser et former… et admirative du courage de ces personnes sourdes dans une société qui ne leur crée pas vraiment de place.

Pour les soutenir, rendez-vous sur le site de Silence et n’hésitez pas à leur faire un petit don.

03 décembre – Panique au bord de la route…

Le jeudi soir, je dois me rendre à la répétition de ma pièce de théâtre de Noël. Mais, alors que je m’apprête à sortir de la maison, c’est le drame.

La porte d’une rame de métro est tombée sur la voie, paralysant complètement la ligne se situant sur l’île.

Pas de problème, me dis-je, très zen. Je vais prendre un bus ou un taxi. Sauf qu’au même moment, tous les Hongkongais sortant du métro ont la même idée. Les bus sont pleins comme des oeufs, tous les taxis sont occupés…

Chargée de mes 4 sacs de costumes, je me dirige à pied vers le quartier où je dois répéter. Je me tourne régulièrement quand des véhicules arrivent mais rien n’y fait… au final, marcher est la seule solution… et après 40 minutes d’efforts j’arrive enfin à bon port.

Si je suis personnellement contrariée, mon podomètre, lui, est super content !

02 décembre – Suisse? Ouhlala!!!

Hier, je suis allée manger avec mon amie Chrissy. Alors que je passe la commande en cantonais, le serveur est amusé et me demande d’où je viens :

– Ngo hai Seuysi yan. Je suis Suisse, lui dis-je, toujours une petite pointe de chauvinisme dans la voix.

Alors qu’habituellement, les gens poussent des petits cris enthousiastes quand j’annonce ma nationalité (et me parlent ensuite de montagnes, de chocolat et de beaux paysages…), l’homme pousse un cri horrifié.

– La Suiiiiisse. Mais c’est terrible là bas. Il y a énormément de cas de Covid. C’est vraiment très très mauvais…!

Il fait un pas en arrière et le reste du repas, me sert de manière méfiante, du bout des doigts.