07 avril – Surprise et médecine chinoise

Depuis quelques jours, de mystérieux hommes en bleu sillonnent le quartier avec un gros chariot. Et puis, avant-hier en rentrant chez nous, le concierge nous tend un petit cadeau. C’est un paquet blanc qui nous est distribué par le gouvernement.

Il comprend 20 autotests qui nous serviront mi-avril puisque nous devrons tous nous autotester. Il contient également un kit de 20 masques KN95 et deux boîtes de Linghua Qingwen, de la médecine chinoise contre le Covid.

Ledit médicament est un remède plutôt populaire contre la grippe et autrefois contre le SARS. Il aurait été conçu sous la dynastie Han (vers 200 après JC… de quoi avoir eu le temps de tester les effets secondaires) et comprendrait 13 ingrédients tels que le noyau d’abricot, la racine d’isatis, le forsythia pleureur, les fleurs du chèvrefeuille japonais ou encore de l’éphédra…

Pourquoi pas… hein ? Même si prendre un médicament qu’on ne connaît pas est toujours un peu effrayant !

Dans tous les cas, nous voilà donc équipés !

01 avril – Réveil difficile

Ce matin, je me réveille transie de froid. La vitre de notre chambre a condensé et est recouverte d’une buée désagréable.

Je lance mon application du Hong Kong Observatory qui me dit que sous l’influence d’une mousson venant de Canton, les températures ont chuté drastiquement. Warning ! Very cold weather ! L’humidité est à 91%… En résumé (et vulgairement), on se les gèle !

Je sors péniblement de mon lit, emportant la couette avec moi et je sursaute. Devant la baie vitrée, un crachin peu esthétique tombe. Il neige ! Et mes réseaux sociaux sont formels. La ville est sens dessus dessous.

Accidents de bus. Personnes ayant glissé sur la chaussée. Chariots encastrés dans des vitrines. Randonneurs coincés en montagne… et le clou du spectacle, le Star Ferry peinant à avancer sur la baie.

Photo@surrealhk

Comme quoi le proverbe : En avril ne te découvre pas d’un fil est également arrivé à Hong Kong !

31 mars – Le motard du quartier

En bas de chez moi, un motard passe ses journées dans le quartier. Il doit avoir la soixantaine… a le crâne rasé et un air très sérieux.

Tous les matins, il s’installe dans une chaise de bureau posée à même le trottoir, habillé tout de cuir. Veste rembourrée et décorée de flammes, pantalons avec protège-tibias intégrés, gants en cuir. Malgré les quelques 25 degrés du jour, il ne faillit pas. Devant lui, une grosse moto est garée. Elle est jaune et ressemble à un modèle japonais (pour ce que je m’y connais). Et à ses pieds, un petit haut-parleur diffuse de la techno chinoise à plein volume.

Étrangement, je ne l’ai jamais vu conduire sa moto. Parfois il s’assied dessus, toujours avec sa musique. Mais peut-être le fait-il à l’heure où tout le monde travaille ou dort ? Le mystère reste entier.

Sans masque, il toise la rue avec fierté. C’est le rebelle de notre quartier !

29 mars – Joies du printemps

Ca y est ! Le printemps est là. Je déclare donc la saison des moustiques ouverte !

Ma seule interrogation : pourquoi semblent t’ils n’apprécier que mes chevilles ? Ils boudent toute peau à l’exception de la plus fine… et s’en donnent à cœur joie.

Depuis peu, celles ci sont aussi élégantes que délicates : rouges, boursouflées, pleines de croûtes. Je suis prête pour l’élection de Miss Pied.

28 mars – Haute sécurité

Ce matin, j’ai rendez-vous chez le médecin. Oh, rien de grave. Un petit contrôle de routine.

Pour accéder au bâtiment, un scan est obligatoire. Deux hommes m’escortent jusqu’aux ascenseurs et appuient sur les boutons à ma place.

Ensuite je passe un premier SAS de sécurité où je passe un interrogatoire en règle. Ai-je eu de la fièvre? Ai-je été dans un bâtiment au sein duquel quelqu’un de malade s’est rendu ? Ai-je toussé une fois les 14 derniers jours ? Ai-je voyagé (question rhétorique… si je l’avais fait, je serais actuellement en quarantaine)? Etc. Etc.

Je suis alors menée à un long couloir dans lequel plusieurs chaises sont posées à 1m50 de distance l’une de l’autre. Je dois attendre mon tour pour aller faire un autotest Covid.

On m’escorte jusqu’aux toilettes. La partie de plaisir commence. Grattage de nez… etc. Il faut alors glisser son test dans un sac fermé sur lequel un logo Attention radioactivité, donne le ton. Je reviens alors dans le couloir où je patiente 20 minutes, le temps que le test soit validé (en stressant un petit peu quand même). Et une fois ceci fait, je peux accéder à la salle d’attente !

L’avantage c’est que ça me fait voyager par la pensée. J’ai l’impression de me retrouver à Genève, prête à aller visiter les bâtiments de l’ONU. Je me sens du coup presque en vacances !