08 décembre – Baignés dans le silence

Pour mon travail, je me rends à Fanling afin d’interviewer une association appelée Silence, dédiée aux personnes sourdes.

Après avoir interrogé le fondateur de l’organisation, je me rends dans une salle où un atelier est organisé. Alors que je m’attendais à une classe très silencieuse, c’est un joyeux brouhaha qui m’accueille. Une dizaine de femmes fabriquent des fleurs en papier pour une vente de soutien.

Je discute avec plusieurs d’entre elles. Elles m’apprennent quelques signes et me racontent leur quotidien. La conversation est fastidieuse. Je pose ma question en anglais, traduite par un des membres de l’association en cantonais à l’interprète qui signe alors mon message. Le tout refait ensuite le chemin inverse.

C’est dans ce cadre que Ling me dit qu’être sourd est stressant. C’est difficile de communiquer avec des gens pressés qui ne savent pas et ne voient pas qu’elle est sourde et qui ne sont pas prêts à faire d’efforts particuliers. A cela, on rajoute le masque empêchant de lire sur les lèvres et tout se corse. Toute demande de renseignement, toute interaction est donc extrêmement compliquée, et elle a peur d’aller dans de nouveaux endroits sans être accompagnée. Une autre femme me confie que ce qui lui pèse c’est l’ennui et la solitude. Il y a peu de loisirs faits pour les malentendants et depuis qu’elle est à la retraite, les journées sont longues.

Le fondateur me dit que le souci principal est l’éducation. Il y a peu d’écoles spécialisées et les enfants sont donc laissés à eux même dans des classes sans aménagements. Beaucoup peinent donc à savoir lire, écrire. Et sans lire, comment trouver des informations, s’amuser, passer le temps ou même appeler ses proches? Beaucoup sont donc en décalage par rapport aux enfants du même âge car ils n’ont pas un accompagnement digne de ce nom.

Je suis donc admirative du travail mis en place par les bénévoles pour accompagner leurs membres au quotidien, sensibiliser et former… et admirative du courage de ces personnes sourdes dans une société qui ne leur crée pas vraiment de place.

Pour les soutenir, rendez-vous sur le site de Silence et n’hésitez pas à leur faire un petit don.

06 décembre – Aux portes de Shenzhen

Samedi, une fois n’est pas coutume, nous faisons appel à un guide pour aller découvrir la zone tout au Nord des Nouveaux Territoires !

Victor nous accueille donc à Sheung Shui où, après avoir découvert la ville et son histoire, nous louons des vélos pour partir à la conquête de la zone bordant Shenzhen.

Après avoir pédalé le long de la rivière, observé le poste de contrôle et le petit pont nous séparant de cette grande ville chinoise, nous arrivons sur une colline où la vue est époustouflante. On admire les tours, les rues animées et on aperçoit même les passants et les voitures qui circulent dans les rues.

En redescendant, nous nous rendons dans un petit village où se trouve une fabrique de tofu locale. Là nous dégustons quelques desserts traditionnels et des cubes de tofu grillés au piment. C’est délicieux. J’ai un faible pour le pudding de tofu au sésame noir qui est crémeux comme un yoghourt !

Puis, Victor nous emmène sur les pas de la famille à qui le village appartient et nous en dit plus sur les clans qui gouvernaient la région… avant de finir la balade en nous emmenant manger du siu yok, une spécialité hongkongaise !

En résumé, la balade était sublime et l’on s’est sentis en vacances… !

Si vous ne savez donc pas que faire pendant vos weekends ou vos vacances de Noël, voilà une activité que je vous recommande plus que chaudement !

Pour en savoir plus : https://hiddengemstravelhk.com/

03 décembre – Panique au bord de la route…

Le jeudi soir, je dois me rendre à la répétition de ma pièce de théâtre de Noël. Mais, alors que je m’apprête à sortir de la maison, c’est le drame.

La porte d’une rame de métro est tombée sur la voie, paralysant complètement la ligne se situant sur l’île.

Pas de problème, me dis-je, très zen. Je vais prendre un bus ou un taxi. Sauf qu’au même moment, tous les Hongkongais sortant du métro ont la même idée. Les bus sont pleins comme des oeufs, tous les taxis sont occupés…

Chargée de mes 4 sacs de costumes, je me dirige à pied vers le quartier où je dois répéter. Je me tourne régulièrement quand des véhicules arrivent mais rien n’y fait… au final, marcher est la seule solution… et après 40 minutes d’efforts j’arrive enfin à bon port.

Si je suis personnellement contrariée, mon podomètre, lui, est super content !

02 décembre – Suisse? Ouhlala!!!

Hier, je suis allée manger avec mon amie Chrissy. Alors que je passe la commande en cantonais, le serveur est amusé et me demande d’où je viens :

– Ngo hai Seuysi yan. Je suis Suisse, lui dis-je, toujours une petite pointe de chauvinisme dans la voix.

Alors qu’habituellement, les gens poussent des petits cris enthousiastes quand j’annonce ma nationalité (et me parlent ensuite de montagnes, de chocolat et de beaux paysages…), l’homme pousse un cri horrifié.

– La Suiiiiisse. Mais c’est terrible là bas. Il y a énormément de cas de Covid. C’est vraiment très très mauvais…!

Il fait un pas en arrière et le reste du repas, me sert de manière méfiante, du bout des doigts.

30 novembre – Dizaine en Suisse

A partir de ce weekend, si l’on revient en Suisse depuis Hong Kong, nous devons faire dix jours de quarantaine puisqu’un cas du variant Omicron a été découvert chez nous.

C’est quand même assez ironique en sachant que la Suisse a actuellement près de 8’000 cas par jour (si ce n’est plus)… et des mesures plutôt light… tandis que nous avons moins de 10 cas par semaine, tous importés et pris en charge immédiatement dès leur arrivée dans le pays, puisque chaque voyageur doit faire une quarantaine en isolement pendant laquelle il sera testé au moins 8 fois en tout.

J’ai l’impression qu’on est pas sorti de l’auberge…