01 février – Gung hei fat choy

Gung hei fat choi ! San tai gin hong ! Long ma dzin saan ! Bonne année à tous ! Aujourd’hui, nous entrons dans l’année du Tigre d’eau ! Pour l’occasion, tout est fermé ! Les familles se retrouvent et dégustent de délicieuses spécialités.

Quand mon amie Samantha a appris que je n’avais pas de lo bak go – ce gâteau au radis emblématique du Nouvel An – pour passer le cap, elle sauté dans le métro pour venir m’en apporter. Dans une petite boîte, elle y avait glissé un morceau de lo bak go, un morceau de woo tau go – un cake au taro… et un morceau de yum cake, un gâteau malaisien aux crevettes ! « Comme ça, tu pourras tout goûter! m’a t’elle dit. »

Ce matin, pour le petit déjeuner, je prépare donc ces friandises sensées m’apporter prospérité et bonheur pour cette nouvelle année !

Ces gâteaux préalablement cuits vapeur doivent être légèrement frits avant d’être mangés ! Pour la version sucrée, il faut la tremper dans de l’oeuf avant de la cuire à la poêle !

J’ai trouvé cela tellement adorable ! Et d’une bienveillance extrême envers l’étrangère que je suis !

Je ne sais pas si ces gâteaux m’apporteront la prospérité mais j’espère que je n’oublierai jamais ce geste… et que moi aussi je pourrai un jour offrir un gâteau traditionnel à un étranger dans mon pays pour qu’il fasse de nos fêtes les siennes !

Miam !

31 janvier – Un parfum d’automne

A Hong Kong, si nous avons quatre saisons, celles ci ne sont pas aussi différentes que nos saisons européennes.

Le printemps et l’automne sont très agréables. Les températures varient entre 25 et 27 degrés. Il ne fait pas trop humide. L’été, de son côté, c’est la « saison des pluies ». La ville se transforme en hammam et quelques typhons viennent faire escale sur la ville. Et puis en hiver, il fait « froid ». Les températures peuvent descendre jusqu’à 12-13 degrés.

Mais malgré cela, toute l’année la végétation reste fidèle à elle-même : verte et luxuriante. Jungles, forêts, bois ou buissons… tous gardent leurs feuilles et leurs couleurs vives. Tous… à l’exception d’un petit bois à quelques minutes de Yuen Long : le Sweet Gum wood, célèbre pour être un spot hautement Instagrammable.

La forêt est en effet habitée par le copalme d’Amérique, un arbre feuillu plutôt joli dont les feuilles se colorent en jaunes, oranges et rouges à l’arrivée de l’hiver.

Ce weekend nous sommes donc allés explorer les lieux. Si la zone est habituellement surpeuplée, nous étions un peu tard dans la saison. Les belles feuilles ocres trapissaient déjà le sol. Mais de mon côté, j’étais super contente. Le scroutch-scroutch des feuilles sous mes semelles et les arbres nus m’ont fait voyager sans quitter Hong Kong ! Le tout, en étant seuls au monde !

Une balade tout à plat d’environ 10 kilomètres !

28 janvier – Tout pour des chaussures

En sortant de chez mon amie C., je suis choquée. La rue est pleine de gens qui dorment dehors. Des personnes de tout âge… adolescents, petites mamies, adultes sont enroulés dans des sacs de couchage à même la rue. Ce n’est pas habituel et Nicolas et moi nous demandons vraiment ce qui a pu arriver à ces pauvres gens.

Le lendemain, j’en parle avec C qui me dit :

– Non, mais c’est à cause du magasin Nike Lab.

La boutique vend des produits très spécifiques. L’offre change régulièrement et tout est limité. Du coup, en fonction des produits proposés le lendemain, les gens dorment dehors pour être les premiers à les acheter!

– En fonction des modèles qui seront mis en vente, la queue est plus ou moins longue, continue C. Quand certains commencent à camper avant minuit, c’est que les modèles attendus sont ultra prisés ! Et il y a tout un commerce là autour puisque tu peux même payer quelqu’un pour faire la queue à ta place.

Le lendemain, à l’ouverture de la boutique, c’est la cohue. Certains achètent des produits, puis vont s’asseoir sur le trottoir d’en face pour revendre les paires immédiatement… (car la politique du magasin n’autorise qu’un certain nombre d’achats par personne).

… La société de consommation a encore de beaux jours devant elle !

25 janvier – La dame aux chats

En m’approchant de la berge, je l’aperçois. Elle est petite, les cheveux courts et blancs cachés sous un chapeau… et des lunettes de soleil crochés sur son masque.

Elle a accroché un sac à la rambarde. Dedans se trouve tout son attirail : une corde avec un crochet, plusieurs bouteilles d’eau, quelques conserves de thon et des croquettes.

En contrebas, les rochers. Les chats sont à l’affût. Ils savent qu’elle est là.

Avec son crochet, elle récupère les écuelles posées deux mètres en dessous. Ce sont de petits bacs en plastique auxquels elle a croché une lanière. Elle s’arme de patience, remonte les récipients. Les remplit avant de les redescendre aux matous affamés.

– Vous faites ça souvent?, je lui demande.

Elle me fait un sourire et se met à parler avec joie. Oui, cinq jours par semaine. Elle s’occupe de « ses » chats.

Je regarde les animaux qui se lèchent les pattes devant la baie Victoria. Ils sont bien soignés !

24 janvier – Portes ouvertes à la boutique…

Nicolas et moi marchons dans Fo Tan. Il bruine. Nous sommes les seuls Occidentaux à la ronde.

Alors que nous passons devant une dame poussant un chariot recouvert de cartons, celle ci me regarde et me fait un large sourire. Je lui souris en retour en hochant la tête, toute contente.

Mon côté optimiste se dit qu’il se passe quelque chose entre nous… une onde d’amitié transcendant tout… !

Elle s’approche de moi. Je lui souris encore. Dans un mélange d’anglais, de cantonais et de mime, elle me dit alors :

– Excusez moi. Votre braguette est grande ouverte !

Voilà voilà !