18 octobre – Nesat

Le typhon qui s’est approché de Hong Kong cette nuit s’appelle Nesat.

Et du coup, je me suis demandée : pourquoi donc Nesat ? Et qui est le chanceux dont le métier est de choisir des noms pour les typhons ?

Eh bien la coutume de nommer les typhons est ancienne. Elle date de plus de deux siècles et a été mise en place pour différencier ces catastrophes naturelles. (C’est assez efficace car personnellement je n’oublierai jamais Mangkhut ou Lothard).

Au début, les météorologues leur donnaient des « prénoms de femmes, des noms de politiciens qu’il n’aimaient pas, des noms historiques et de la mythologie ». Puis, c’est l’armée américaine qui s’y est mise et là, les météorologues utilisaient alors les prénoms de leurs compagnes…. sympa hein ?

« En 1953, la liste répétitive fut remplacée par une autre liste utilisant exclusivement des prénoms féminins et en 1954, la liste précédente fut reprise mais il fut décidé de changer de liste chaque année. » (Source : wikipedia).

Et puis, dès les années 80, un peu d’égalité s’est invitée dans l’équation et les typhons sont nommés alternativement avec des prénoms hommes et femmes.

Le système se base sur 6 listes qui fonctionnent pendant 6 ans avant de recommencer. En résumé, les années paires débutent par un prénom masculin et impaires un prénom féminin. Les six listes prévoient 21 prénoms courants. Et comme nous sommes en Asie, c’est l’agence météorologique japonaise qui choisit donc les prénoms, ce qui explique les choix moins habituels pour nos oreilles occidentales comme Nesat.

17 octobre – Mammouth

Si vous levez le nez sur les vitrines d’antiquités à Mid-Levels ou à Tsim Sha Tsui, vous verrez que les magasins ne font pas les choses à moitié.

Ici, pas de vieux fauteuils en rotin, de gramophones ou des coucous récupérés chez des personnes âgées… non. Les antiquaires de Hong Kong font partie d’une autre catégorie puisque leurs vitrines regorgent notamment de sculptures… en os de mammouths. Ni plus ni moins.

C’est assez impressionnant et j’aime m’arrêter observer les oeuvres finement taillées en me disant que les artistes étaient quand même relativement « couillus » – pardonnez moi l’expression.

Ici, un seul coup de couteau mal placé et ce sont des milliers d’années d’histoire qui partent en poussière.

Quant aux prix… il va falloir en vendre, des livres, pour pouvoir prétendre en ramener un chez moi et le poser sur ma bibliothèque.

14 octobre – Matin odorant

L’odeur nous happe dans la station de métro. Une effluve salée et indéfinissable quand on ne la connaît pas.

Et en sortant, tout s’éclaire. Les ruelles accueillent des dizaines de vendeurs de poissons séchés. Éponges, concombres, panses de poissons, crevettes ou coquillages, ils sèchent au soleil à même le trottoir. Les clients se pressent déjà face aux boutiques.

C’est un matin ordinaire à Sai Yin Pun.

13 octobre – Le quartier le plus cool

Ce matin, d’après un magazine hautement scientifique, j’apprends que le quartier où je vis est nommé 22e plus cool quartier au monde, sur 51.

Quels sont les critères scientifiques de cette étude… pourquoi 51 et pas 50 ou 100 ? Aucune idée. Mais selon l’article, voici simplement la méthode utilisée : « We polled 20,000 city-dwellers and grilled local experts to rank the greatest places for fun, food, culture and community… » et le résultat est là ! On vit dans un endroit cool, yeah.

Il faut pourtant bien l’admettre, je ne connais rien aux autres quartiers cités : Colonia Americana à Guadalajara, au Mexique,  Cais do Sodré à Lisbonne, Wat Bo Village à Siem Reap au Cambodge (qui sont dans le top 3…), suivis par Cours Julien, à Marseilles au 10e rang, Little India à Singapour au 19e rang ou Ubud à Bali au 49e… (Ils ne citent ni les Avants, ni Blonay… c’est bien surprenant 😅!)

Pour voir la liste, c’est ici : https://www.timeout.com/travel/coolest-neighbourhoods-in-the-world.

Dans les raisons de ce choix, ils expliquent notamment que Wanchai est vibrante – ce qui n’est pas faux – propose de nombreux petits cafés et restaurants… je suis toujours d’accord… mais également de nombreux « art hubs » (là, franchement, je veux bien les adresses…). Ils citent la promenade le long de la mer, le festival des lanternes… et recommandent de visiter la Blue House (ça, c’est vrai…). Puis ils recommandent de visiter les magasins artisanaux à la Lee Tung Avenue (là, à nouveau, je me pose quelques questions… les boutiques de la Lee Tung n’ont rien d’artisanales ni de follement originales…).

Alors qu’on ne se leurre pas. J’adore mon quartier. Il est bigarré et central. Entre son marché hyper traditionnel et sa rue kitsch, ses petits restos, sa proximité avec la nature et son mariage de boutiques locales et de magasins plus internationaux, c’est un endroit où il fait bon vivre.

Cependant, le côté arty et artisanal vanté par l’article ne me convainc pas vraiment.

Mais bon, si cela fait venir le tourisme, tant mieux !

12 octobre – Une boulangerie suisse

En me baladant en tram dans le quartier de North Point, j’aperçois un magasin arborant fièrement le signe de « boulangerie suisse ». Mon coeur ne fait qu’un bond et mes papilles se mettent à saliver en pensant au pain tessinois, aux croissants de Sils, au pain aux graines ou aux délicieuses tresses.

Ni une ni deux, je descends précipitamment du deck supérieur pour sortir au prochain arrêt. Je passe ma carte sur le lecteur… le véhicule s’arrête et je me précipite à l’extérieur.

Quand je pousse les portes de la boulangerie, je ferme les yeux pour humer la bonne odeur. Mais… rien. Je les réouvre et là, la déception est à la hauteur de ma passion pour une bonne tartine de Cenovis. Devant moi : des pineapple buns, des coconut bun, des pains mous et farcis représentatifs de la cuisine hongkongaise.

La passion des Hongkongais pour coller le mot « suisse » à des choses qui n’ont rien à voir avec notre pays a encore frappé !