04 janvier – Les bords du lit

Cette nuit, j’ai risqué me casser la jambe en sortant du lit.

Non, je ne dors pas dans un lit à étages. Non, je n’ai pas un lit à baldaquin ultra-sophistiqué… Je vis simplement à Hong Kong. Et j’avais oublié qu’ici, il n’y a pas d’espace pour pouvoir marcher autour de son lit. Que si je veux ouvrir mon tiroir à chaussettes, je dois demander à Nicolas de sortir de la chambre. Que les tables de nuit nous semblent des objets d’un exotisme bouleversant.

Je me suis donc bêtement cogné contre le rebord de la fenêtre en voulant aller aux toilettes.

Comme quoi, on se réhabitue vite à l’espace.

27 décembre – Le nez plongé dans…

Hong Kong, 8h du matin. Les employés se rendent au travail. Le métro est bondé. En entrant dans la rame, personne ne parle. Tout le monde a le nez collé à son téléphone.

Vevey, 8h du matin. Les gens se rendent au travail… Le train est plein. En entrant dans le wagon, personne ne parle. Tout le monde a le nez collé à un livre.

12 décembre – Ça tousse

Voilà quelques jours que je me balade en train. Au sein de ceux-ci, ça crache, ça tousse, ca renifle. C’est l’hiver et les petits virus hivernaux ont fait leur apparition.

Toutefois, malgré les trois ans de Covid, personne ne porte le masque pour protéger les autres. Et on me jette des regards en coin avec mon masque dans les transports (perso, je n’y renoncerai pas… ca réchauffe le nez de fou!).

Bref, comme quoi, ce n’est vraiment pas rentré dans les mœurs comme ça l’a été à Hong Kong après le SARS… tant que ce n’est pas le Covid, il n’est pas nécessaire d’éviter aux autres de chopper nos virus.

C’est assez révélateur des différences culturelles entre l’Asie qui a une mentalité plus communautaire et l’Europe où nous sommes plus individualistes.

09 janvier – Glagla

Je l’ai répété des dizaines de fois à mes amis hongkongais : « Oh oui, je me réjouis de retrouver le froid! Cette sensation vivifiante… ce coup de fouet qui vous réveille le matin… et ce sentiment agréable qu’on a en rentrant dans un endroit chaud! Le froid, il n’y a que ça de vrai… »

Ce matin, debout à mon arrêt de bus, je repense à mes fanfaronnades, réalisées sous le soleil, quand 13 degrés me semblaient déjà être le début d’une météo arctique.

Il fait moins un degré. Il n’y a même pas de vent. Pourtant, malgré mon manteau, ma double écharpe, mes grosses chaussettes… j’ai froid! Je grelotte. Mes jambes, mes pieds, mes doigts me font un mal de chien. Je sens mon nez et mes oreilles se durcir sous l’effet du gel. Le sang quitte mes extrémités et je me demande à quel moment je vais tomber dans les pommes et m’endormir à tout jamais.

Je regrette donc tout ce que j’ai dit à mes camarades hongkongais. Je déteste le froid. Je n’en veux plus. J’aime la moiteur des étés sud-asiatiques… la transpiration qui coule dans le dos et l’humidité qui nous colle au sol.

08 décembre – Affaires d’hiver

Je prépare ma valise. Il est temps de ressortir les manteaux, les gros pulls, le bonnet et les chaussures en cuir. Cela fait depuis 2019 qu’ils dorment au fond de l’armoire.

Le manteau est lourd. J’avais oublié. Une couche de poussière s’est posée sur la laine. Les chaussures sont si difficiles à enfiler… et les pulls blancs ont jauni, roulés en boule derrière les vêtements d’été.