13 août – Paysage infini

Depuis jeudi soir, j’inspecte à l’infini le paysage qui s’étire devant mes yeux : les petits immeubles colorés (une quinzaine d’étages au maximum) devant les géants de 50 étages.

Sur un toit, un homme étend une lessive. A droite, au 9e étage du Cooked Food Center, un groupe danse. Dans la rue, le flot des passants ne s’interrompt jamais devant le marchand de fruits. Des parapluies flottent au dessus des trottoirs. Des cabas à roulettes sont tirés par des grand-mères fatiguées.

Selon les heures de la journée, la circulation change. L’après-midi, les taxis remplacent peu à peu les camions.

Et, au fur et à mesure que le soleil baisse, la foule rentre chez elle… laissant place à la nuit !

12 août – Réveil en quarantaine

Après un long voyage de retour (quatre heures de Genève à Istanbul, trois heures et demie d’escale… puis neuf heures pour arriver à Hong Kong), une attente de quatre heures à l’aéroport histoire de passer un test Covid, recevoir son ordre de quarantaine et rejoindre notre hôtel… nous voilà dans notre petit palais temporaire.

La bonne nouvelle du jour : le gouvernement a relaxé les règles depuis aujourd’hui ! Nous n’aurons donc plus qu’à effectuer 3 jours de quarantaine à l’hôtel, suivi par 4 jours à la maison ! Nous sommes contents !

Notre hôtel est plutôt sympa. La chambre est fonctionnelle. Il y a même un petit canapé, une table (mais sans chaise) et un petit bureau.

A l’heure actuelle, nous avons déjà fait notre test matinal – obligation journalière… et nous venons de recevoir notre petit déjeuner : un sandwich à l’oeuf ainsi qu’une soupe aux nouilles de riz. J’avais lu de terribles reviews sur Internet. Pour le moment, le constat est positif… et habituel : les gens aiment râler mais franchement tout va bien.

La vue de notre chambre ! Plutôt sympa

11 août – La magie du pins Together let’s fight the virus

Jeudi. 18h30. Nous sortons de l’avion. Alors que nous suivons les lignes et directives prévues pour les voyageurs, je sors les divers documents : le classeur avec les 4 formulaires, ma carte d’identité hongkongaise… et mon téléphone sur lequel l’application Leave Home Safe est deja installée.

Or, pendant le vol… alors que je chargeais le précieux appareil, celui-ci s’est éteint, puis rallumé. Et en dormant, j’ai dû appuyer sur les touches du clavier. Résultat : ma SIM card suisse est bloquée, paralysant mon téléphone entier… pour m’en sortir, je dois trouver mon PUK mais sans connexion, c’est impossible.

Bref, je panique un peu. Sans téléphone, je ne sais pas ce qu’il se passera. J’ai besoin de l’app de traçage pour sortir de là. Je cherche à enlever la carte SIM suisse pour que la carte hongkongaise prenne le relai, mais je n’ai rien sur moi : ni boucles d’oreilles, ni imperdable, ni aiguille. Tout est en soute.

Soudain, au passage d’un checkpoint, une femme me vient en aide. Elle est assise, porte un masque et une visière en plastique. Et elle arbore sur la poitrine un pin’s sur lequel est écrit : Together let’s fight the virus. Elle me le tend. Grâce à sa pointe acérée, je sorte la carte récalcitrante.

Aujourd’hui, ce pins aura véritablement participé à la lutte du virus!

08 août – Les au revoir

Je ne m’habituerai jamais aux au revoir. Je déteste ça. A chaque fois, mon coeur se craquelle. Je tente de coller ma langue au palais, comme mon papa me l’a appris mais rien ne fonctionne et je finis par pleurer comme une madeleine.

Et encore. J’ai de la chance. Je suis une privilégiée. J’ai choisi de vivre à Hong Kong.

Je pense donc tout spécialement ce soir aux exilés, aux réfugiés… qui sont loin de leurs êtres chers sans aucune perspective de retrouvailles… et sans savoir s’ils seront encore là à leur retour. Ce sont des héros du quotidien.

07 août – Bagages

Il a fallu recommencer ma valise. Cette fois-ci, ce devrait être la bonne. J’ai donc empaqueté les robes, les t-shirts, les shorts et les chaussettes. A nouveau, je me suis rendu compte que la moitié des vêtements emportés n’avaient finalement pas servi… en me disant qu’au final, on pouvait tout à fait vivre dans 3 t-shirts et deux robes portefeuilles. Que ça suffisait largement.

Entre les tissus et les culottes, j’ai calé le tube de cenovis (il faut ce qu’il faut), les tisanes aux herbes des Alpes et les pots de confiture de ma maman (les meilleurs au monde!). J’ai ensuite préparé consciencieusement la pile de vêtements pour le voyage. Et… après avoir tout calé… sauté sur le capot et attaché les élastiques, j’ai tiré sur la fermeture en laissant un bout de mon cœur au dehors, comme à chaque fois. Il restera là, avec tous ceux que j’aime.