18 février – Se faire des amis – notre premier grand copain

Avant hier lorsque j’avouais au monde ma panne sèche, quelqu’un me demandait s’il était facile de se faire des amis à Hong Kong. Je vais donc parler de ma propre expérience en sachant que cela doit forcément être un peu différent pour chacun. Et je commencerai par le récit de nos six premiers mois ici… car nous faire des amis s’est définitivement fait par étapes.

En arrivant à Hong Kong en septembre 2018, nous ne connaissions personne. Il fallait donc tout construire de A à Z. J’ai donc profité de la magie des temps modernes: les réseaux sociaux et je me suis inscrite sur pleins de groupes.

Dans les premiers temps, j’ai donc été boire des cafés avec pleins d’inconnus solitaires comme moi (moi qui n’ai jamais dragué sur Tinder, cela m’a donné un petit aperçu de la chose 😂).

J’ai rencontré des gens adorables, d’autres à qui je n’avais rien à dire, d’autres très sympas mais sans plus ou d’autres géniaux mais qui n’ont pas dû avoir le même sentiment réciproque… et petit à petit, on s’est fait un réseau. On a fini ivres morts dans un bar de Wanchai avec des Écossais, on a dansé avec des Américains, on a passé une soirée à devoir justifier nos blagues à une Anglaise, on a mangé avec des Milanais et on a été à une soirée associative de Français… mais sans nous faire de vrais amis. Et – à mon grand désespoir – sans réussir à se faire des amis hongkongais !

Puis, un soir, alors qu’on allait boire un verre dans un groupe de nouveaux arrivants, nous avons rencontré Ian. La soirée était ennuyeuse à mourir. Au milieu de la soirée, Ian s’est donc tourné vers nous et nous a proposé d’aller manger du durian à Sham Shui Po! C’était le début d’une grande amitié (et d’une expérience culinaire assez spéciale)! Et Ian, un canadien-hongkongais, devint notre premier ami!!!

La suite lundi

15 février – Odeurs

J’ai grandi dans une maison au beau milieu d’un petit village de montagne. Nous n’avions pas de voisins que nous pouvions entendre… ou dont nous pouvions sentir les odeurs de cuisine.

Mais je me souviens étant petite, avoir découvert avec merveille la cuisine de mes amis qui étaient Yougoslaves et chez qui j’allais manger (oui, à l’époque, la Yougoslavie existait encore… ça vous donne une idée de mon âge). Ou encore, lorsque j’allais chez les copines qui vivaient en appartements, je humais avec curiosité les fumets qui s’échappaient des appartements voisins alors que midi approchait : la cuisine portugaise, italienne, espagnole ou roumaine ! Tous ces effluves jusqu’alors inconnues et synonymes de voyages.

Aujourd’hui, dans mon immeuble, nos voisins sont majoritairement hongkongais ou chinois. Et je me dis que chaque soir, c’est eux qui doivent voyager en se demandant ce que nous cuisinons ! (Même si on a sacrément dû les traumatiser avec notre raclette du Chinese new year !).

10 février – Serrage de vis

Après 600 cas de Covid lundi, nous voilà à 1100 cas par jour. La courbe explose et en ville, les gens font la queue des heures durant pour aller se faire tester.

Pour l’occasion, nos règles se durcissent encore :

Plus de regroupements : il est désormais interdit de se réunir à plus de deux en public. Dans le privé, seules deux familles peuvent être ensemble. C’est une première. Si on fait les marioles, l’organisateur du rassemblement risque 25’000 HKD d’amendes et 6 mois de prison tandis que les invités se verront sanctionner individuellement de 5000 HKD d’amendes.

Fermeture des coiffeurs et des églises : jusque là, tout était fermé à l’exception de ces deux types d’établissements. Il faudra donc patienter avant de se faire une petite coupe ou de boire une petite coupe d’eau bénite.

D’ici deux semaines, intégration d’un pass vaccinal : jusqu’ici, nous n’en avions pas et vaccinés et non vaccinés avaient les mêmes droits. Dès le 24 février, il sera obligatoire d’être vacciné pour accéder aux centres commerciaux, supermarchés, marchés, coiffeurs, églises, centres de loisirs, fitness, esthéticiennes, karaokés, centres de massages et j’en passe.

De mon côté, tous mes cours s’annulent. Et enseigner le théâtre sur Zoom, c’est un peu compliqué. On patiente donc et on bosse sur d’autres projets !

Le point positif, c’est la possibilité aux cas contact de faire une quarantaine à la maison au lieu du centre de Penny Bay. Avec bracelet électronique certes… mais à la maison ! Et ça, c’est un grand soulagement !

09 février – Fitness et service

Mon amie et moi nous asseyons dans un petit restaurant qui ne paye pas de mine, spécialisé dans la cuisine hakka.

Le restaurant est une affaire familiale et tout le monde s’y met : la grand-mère et la mère prennent les commandes, la fille gère la caisse et le mari est aux cuisines. Il y a peu de clients et tous furètent autour de nous. Mon cantonais les étonne et j’ai droit à un interrogatoire en règle.

Puis, alors que nous dégustons du poulet cuit en croûte de sel, je tourne la tête. Derrière nous, la grand-mère fait des pompes entre deux tables. Je ris.

L’ambiance est à la décontraction. Ca fait du bien !

08 février – Covid et tralala

Ce matin, mon billet traite encore du Covid. Quelle originalité !

Hier, la ville était sens dessus dessous. 614 cas ont été recensés. C’est du jamais vu en ville. Mais entre Omnicron et les fêtes du Nouvel An Chinois, le nouveau variant est bel et bien dans la place.

Le système mis en place par le gouvernement peine donc à suivre… et de nouvelles mesures ont été prises : désormais, les cas symptomatiques partiront à l’hôpital, les asymptomatiques dans le camp de Penny Bay et les cas contact seront isolés à la maison avec bracelet électronique pour une durée de 14 jours ! Nous sommes plutôt contents et soulagés !

En parallèle, ce sont les chauffeurs de fruits et légumes qui chaque matin livrent les marchés de Hong Kong qui sont touchés et tombent tous malades. De ce fait, la ville est frappée par une hausse des prix. 92% des légumes de Hong Kong viennent en effet de Chine continentale et si ça cafouille aux frontières, toute la chaîne est impactée. Hier, les supermarchés ont été pris d’assauts par la population et les étals étaient totalement vides!

Bref, l’aventure Covid continue. Pourvu qu’elle se termine rapidement !